Guide de pratique indépendant

Exercices d’algèbre linéaire : systèmes, matrices et vecteurs

Huit questions sur les systèmes, les inverses 3×3, les déterminants, la règle de Cramer, les paramètres et l’orthogonalité, avec indices et solutions expliquées.

Nablio · 8 questionsPublié le

Commencer par la question 1

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Comment utiliser ces exercices

Cette série de huit questions prolonge les courtes leçons de Nablio sur les opérations sur les lignes et les bases sur les matrices et les vecteurs. Exercez-vous aux produits matriciels, à la réduction par lignes, aux déterminants, aux inverses, aux systèmes avec paramètres et aux produits scalaires. Chaque question comprend un indice et une solution expliquée.

  1. Essayez chaque question avant d’ouvrir l’indice ou la solution. Écrivez la méthode, pas seulement la réponse.
  2. Repérez la première étape que vous ne pouvez pas justifier : dimensions, opération, signe, condition ou interprétation.
  3. Suivez le lien de révision après la question, puis fermez la réponse et recommencez.

Prévoyez environ 80 minutes pour essayer les huit questions, ou répartissez-les en deux séances à votre rythme. Les durées suggérées sont flexibles. Gardez du temps supplémentaire pour lire les solutions et reprendre les étapes manquées.

Toutes les entrées, variables et paramètres sont réels. Dans les opérations sur les lignes, RiR_i désigne la ligne ii actuelle, et ←\leftarrow signifie « remplacer par ». Un système est compatible s’il admet au moins une solution. Une matrice carrée est singulière si elle n’a pas d’inverse. La notation xT\mathbf x^{\mathsf T} transpose notamment un vecteur-ligne en vecteur-colonne.

1. Vérifier les dimensions avant de calculer

6 min · repère Nablio facultatif

Soit

A=(1−12031),A=\begin{pmatrix}1&-1&2\\0&3&1\end{pmatrix},

B=(2110−12),v=(12−1).B=\begin{pmatrix}2&1\\1&0\\-1&2\end{pmatrix},\qquad \mathbf v=\begin{pmatrix}1\\2\\-1\end{pmatrix}.

  1. Indiquez si A+BA+B, ABAB, BABA, AvA\mathbf v et AB+BAAB+BA sont définis. Donnez les dimensions de chaque résultat défini.
  2. Calculez ABAB, BABA et AvA\mathbf v. Expliquez pourquoi l’existence des deux produits ne suffit pas à rendre leur somme possible.
Voir un indice · 1

Pour additionner des matrices, leurs deux dimensions doivent coïncider. Pour un produit, les dimensions intérieures doivent coïncider; les dimensions extérieures donnent celles du résultat. Pour calculer une entrée, associez une ligne du premier facteur à une colonne du second.

Voir la solution détaillée · 1

AA est de taille 2×32\times3, BB de taille 3×23\times2, et v\mathbf v de taille 3×13\times1. La somme A+BA+B n’est donc pas définie. Les produits ABAB, BABA et AvA\mathbf v sont de tailles 2×22\times2, 3×33\times3 et 2×12\times1. La somme AB+BAAB+BA n’est pas définie, car ses deux termes n’ont pas les mêmes dimensions.

Par exemple, l’entrée en haut à gauche de ABAB vaut 1(2)+(−1)(1)+2(−1)=−11(2)+(-1)(1)+2(-1)=-1. En poursuivant ligne par colonne, on obtient

AB=(−1522),AB=\begin{pmatrix}-1&5\\2&2\end{pmatrix},

BA=(2151−12−170).BA=\begin{pmatrix}2&1&5\\1&-1&2\\-1&7&0\end{pmatrix}.

Pour le produit matrice-vecteur, les deux calculs sont 1−2−2=−31-2-2=-3 et 0+6−1=50+6-1=5. Ainsi,

Av=(−35).A\mathbf v=\begin{pmatrix}-3\\5\end{pmatrix}.

Un produit peut exister dans les deux ordres sans avoir les mêmes dimensions dans ces deux ordres. La multiplication matricielle ne se fait pas entrée par entrée.

Vérifier le résultat et les conditions

Toutes les entrées sont réelles; il n’y a aucune restriction sur un paramètre à examiner. Vérifiez séparément la dernière entrée de BABA : (−1)(2)+2(1)=0(-1)(2)+2(1)=0. Vérifiez aussi que chaque résultat a bien les dimensions prévues.

Erreurs fréquentes

N’additionnez pas des matrices de tailles différentes et ne multipliez pas les entrées de même position. Ne supposez pas non plus que AB=BAAB=BA : ici, les dimensions excluent déjà cette égalité.

Choisir quoi revoir

Si les dimensions ou le calcul ligne par colonne posent problème, revoyez la multiplication, le déterminant et l’inverse. Recalculez ensuite une seule ligne de chaque produit sans consulter la réponse.

2. Choisir un premier pivot utile

9 min · repère Nablio facultatif

Résolvez le système suivant par réduction par lignes. Indiquez vos opérations, précisez le nombre de solutions, puis vérifiez le résultat dans les trois équations de départ.

y+z=1,2x−y+3z=9,x+2y−z=−3.\begin{aligned}y+z&=1,\\2x-y+3z&=9,\\x+2y-z&=-3.\end{aligned}

Voir un indice · 2

Le coefficient de xx dans la première équation est nul. Placez en première ligne une équation dont le coefficient de xx vaut 1, au lieu de diviser par zéro. Conservez l’ordre x,y,zx,y,z.

Voir la solution détaillée · 2

La matrice augmentée est

[01112−13912−1−3].\left[\begin{array}{rrr|r}0&1&1&1\\2&-1&3&9\\1&2&-1&-3\end{array}\right].

Effectuez R1↔R3R_1\leftrightarrow R_3, puis R2←R2−2R1R_2\leftarrow R_2-2R_1 :

[12−1−30−55150111].\left[\begin{array}{rrr|r}1&2&-1&-3\\0&-5&5&15\\0&1&1&1\end{array}\right].

Effectuez R2↔R3R_2\leftrightarrow R_3, puis R3←R3+5R2R_3\leftarrow R_3+5R_2 :

[12−1−30111001020].\left[\begin{array}{rrr|r}1&2&-1&-3\\0&1&1&1\\0&0&10&20\end{array}\right].

La dernière ligne donne z=2z=2. La deuxième donne y=1−z=−1y=1-z=-1, puis la première donne x=−3−2y+z=1x=-3-2y+z=1. Il y a un pivot dans chaque colonne de variable et aucune contradiction. La solution est donc unique :

(x,y,z)=(1,−1,2).(x,y,z)=(1,-1,2).

Vérifier le résultat et les conditions

La substitution donne −1+2=1-1+2=1, 2(1)−(−1)+3(2)=92(1)-(-1)+3(2)=9 et 1+2(−1)−2=−31+2(-1)-2=-3. Les trois équations sont satisfaites. Toutes les opérations effectuées sont réversibles; aucune division par zéro n’a eu lieu.

Erreurs fréquentes

L’absence de xx dans la première équation exige une entrée nulle. Modifiez aussi la colonne des constantes. Après un échange, les numéros de lignes désignent les lignes actuelles, et non leur position initiale.

Choisir quoi revoir

Si une opération a modifié votre réponse, revoyez pourquoi les opérations permises sont réversibles. Si vous bloquez après avoir obtenu une forme échelonnée, reprenez la résolution et la vérification d’un système.

3. Suivre le signe et les facteurs du déterminant

10 min · repère Nablio facultatif

Soit

D=(02031−1204).D=\begin{pmatrix}0&2&0\\3&1&-1\\2&0&4\end{pmatrix}.

  1. Choisissez une ligne ou une colonne efficace pour un développement par cofacteurs et calculez det⁡(D)\det(D).
  2. Vérifiez le résultat par réduction à une matrice triangulaire supérieure, dans cet ordre : échangez les lignes 1 et 2; multipliez la nouvelle ligne 1 par 1/31/3; retranchez deux fois la ligne 1 actuelle à la ligne 3; ajoutez ensuite le tiers de la ligne 2 actuelle à la ligne 3. Retrouvez det⁡(D)\det(D) à partir du déterminant triangulaire.
  3. Expliquez pourquoi des opérations qui conservent les solutions d’un système ne conservent pas nécessairement un déterminant.
Voir un indice · 3

La première ligne contient deux zéros. Sa seule entrée non nulle est en position (1,2)(1,2), où le signe du cofacteur est négatif. Pour la deuxième méthode, notez le facteur qui relie le déterminant courant au déterminant initial.

Voir la solution détaillée · 3

Le développement selon la première ligne demande un seul mineur :

det⁡(D)=−2∣3−124∣.\det(D)=-2\begin{vmatrix}3&-1\\2&4\end{vmatrix}.

Ce mineur vaut 3(4)−(−1)(2)=143(4)-(-1)(2)=14, donc det⁡(D)=−28\det(D)=-28.

Pour la réduction par lignes, l’échange multiplie le déterminant par −1-1. La multiplication de la nouvelle première ligne par 1/31/3 le multiplie par 1/31/3. L’ajout d’un multiple d’une autre ligne le laisse inchangé. Après l’échange et la multiplication, la matrice est

(11/3−1/3020204).\begin{pmatrix}1&1/3&-1/3\\0&2&0\\2&0&4\end{pmatrix}.

L’opération R3←R3−2R1R_3\leftarrow R_3-2R_1 donne la troisième ligne (0,−2/3,14/3)(0,-2/3,14/3). Ensuite, R3←R3+(1/3)R2R_3\leftarrow R_3+(1/3)R_2 donne

U=(11/3−1/30200014/3).U=\begin{pmatrix}1&1/3&-1/3\\0&2&0\\0&0&14/3\end{pmatrix}.

Par conséquent,

det⁡(U)=1⋅2⋅143=283,\det(U)=1\cdot2\cdot\frac{14}{3}=\frac{28}{3},

det⁡(U)=−13det⁡(D),\det(U)=-\frac13\det(D),

d’où det⁡(D)=−3det⁡(U)=−28\det(D)=-3\det(U)=-28. Le développement par cofacteurs est plus court ici, car les zéros éliminent deux termes.

Dans un système, une même opération réversible appliquée à toute une ligne augmentée conserve les solutions communes. Un déterminant est un scalaire associé à une matrice carrée de coefficients; les échanges et les multiplications de lignes par un nombre non nul modifient ce scalaire comme indiqué. Conserver les solutions et conserver le déterminant sont deux propriétés distinctes.

Vérifier le résultat et les conditions

Les deux méthodes donnent −28-28. Ce nombre étant non nul, DD est inversible. Le facteur 1/31/3 multiplie une seule ligne, pas la matrice entière : il intervient donc une seule fois dans le déterminant.

Erreurs fréquentes

Attention au signe négatif du cofacteur en position (1,2)(1,2), à la soustraction 12−(−2)12-(-2) et au sens du facteur final : puisque det⁡(U)=−det⁡(D)/3\det(U)=-\det(D)/3, il faut multiplier det⁡(U)\det(U) par −3-3 pour retrouver le déterminant initial.

Choisir quoi revoir

Si « mêmes solutions » vous a fait conserver le déterminant, revoyez ce que conservent les opérations sur les lignes. Reprenez ensuite cette question en notant chaque opération et son facteur sur le déterminant. Pour le lien entre déterminant non nul et inverse, consultez les bases sur les matrices.

4. Construire un inverse 3×3 à partir de l’identité

12 min · repère Nablio facultatif

Soit

M=(120011101),b=(025).\begin{aligned}M&=\begin{pmatrix}1&2&0\\0&1&1\\1&0&1\end{pmatrix},\\\mathbf b&=\begin{pmatrix}0\\2\\5\end{pmatrix}.\end{aligned}

  1. Trouvez M−1M^{-1} en réduisant [M∣I3][M\mid I_3]. N’utilisez ni l’inverse de chaque entrée ni une formule réservée aux matrices deux par deux.
  2. Écrivez la matrice élémentaire EE associée à votre première opération R3←R3−R1R_3\leftarrow R_3-R_1. Expliquez ce que représentent EMEM et EI3EI_3.
  3. Utilisez l’inverse pour résoudre Mx=bM\mathbf x=\mathbf b, puis vérifiez la solution.
Voir un indice · 4

Après R3←R3−R1R_3\leftarrow R_3-R_1, effectuez R3←R3+2R2R_3\leftarrow R_3+2R_2. Un pivot de 3 apparaît dans la troisième colonne. Appliquez chaque opération aux deux blocs de la matrice augmentée. Une matrice élémentaire s’obtient en effectuant une seule opération élémentaire sur les lignes de l’identité.

Voir la solution détaillée · 4

Partez de [L∣C]=[M∣I3][L\mid C]=[M\mid I_3]. Les blocs gauche LL et droit CC sont affichés séparément pour garder toutes les entrées lisibles. Chaque opération indiquée agit sur les deux blocs.

Après R3←R3−R1R_3\leftarrow R_3-R_1, puis R3←R3+2R2R_3\leftarrow R_3+2R_2, on obtient

L=(120011003),L=\begin{pmatrix}1&2&0\\0&1&1\\0&0&3\end{pmatrix},

C=(100010−121).C=\begin{pmatrix}1&0&0\\0&1&0\\-1&2&1\end{pmatrix}.

Divisez maintenant la ligne 3 par 3. Avec cette nouvelle ligne 3, annulez la troisième entrée de la ligne 2 par R2←R2−R3R_2\leftarrow R_2-R_3. Vous obtenez

L=(120010001),L=\begin{pmatrix}1&2&0\\0&1&0\\0&0&1\end{pmatrix},

C=13(30011−1−121).C=\frac13\begin{pmatrix}3&0&0\\1&1&-1\\-1&2&1\end{pmatrix}.

Effectuez enfin R1←R1−2R2R_1\leftarrow R_1-2R_2. Le bloc gauche devient I3I_3; le bloc droit est l’inverse :

M−1=13(1−2211−1−121).M^{-1}=\frac13\begin{pmatrix}1&-2&2\\1&1&-1\\-1&2&1\end{pmatrix}.

Pour la première opération seulement, appliquer R3←R3−R1R_3\leftarrow R_3-R_1 à I3I_3 donne

E=(100010−101).E=\begin{pmatrix}1&0&0\\0&1&0\\-1&0&1\end{pmatrix}.

La multiplication à gauche par EE effectue cette opération : EMEM est le nouveau bloc gauche et EI3=EEI_3=E le nouveau bloc droit. Une seule opération ne donne pas encore l’inverse. La suite complète transforme MM en I3I_3 et I3I_3 en M−1M^{-1}.

Il reste à calculer

x=M−1b=13(6−39).\mathbf x=M^{-1}\mathbf b=\frac13\begin{pmatrix}6\\-3\\9\end{pmatrix}.

x=(2−13).\mathbf x=\begin{pmatrix}2\\-1\\3\end{pmatrix}.

Vérifier le résultat et les conditions

En posant N=3M−1N=3M^{-1}, la multiplication directe donne MN=NM=3I3MN=NM=3I_3 : les deux identités de l’inverse sont donc vérifiées. De plus, det⁡(M)=3≠0\det(M)=3\ne0, et la réduction n’a exigé aucune division par zéro. Pour la solution, M(2,−1,3)T=(0,2,5)TM(2,-1,3)^{\mathsf T}=(0,2,5)^{\mathsf T}, car les trois lignes donnent 2−2=02-2=0, −1+3=2-1+3=2 et 2+3=52+3=5.

Erreurs fréquentes

Modifier seulement le bloc gauche fait perdre le calcul de l’inverse. Distinguez aussi EMEM, qui effectue une opération sur les lignes, de MEME, dont l’effet est généralement différent. L’inverse dépend de la matrice et peut servir avec un autre second membre.

Choisir quoi revoir

Si le rôle d’un inverse reste flou, reprenez l’exemple d’introduction sur l’inverse. Si vos deux blocs ne correspondent plus, revoyez les opérations sur une ligne entière, puis refaites cette construction trois par trois.

5. Utiliser la règle de Cramer pour une inconnue

8 min · repère Nablio facultatif

Pour le système

2x−y+z=6,x+y=1,2y+z=−1,\begin{aligned}2x-y+z&=6,\\x+y&=1,\\2y+z&=-1,\end{aligned}

trouvez yy avec la règle de Cramer. Vérifiez d’abord que la règle s’applique. Trouvez ensuite xx et zz à l’aide des équations les plus simples, puis vérifiez les trois valeurs.

Voir un indice · 5

Dans l’ordre x,y,zx,y,z, remplacez la deuxième colonne de la matrice des coefficients par les constantes. Gardez les autres colonnes à leur place. Le dénominateur est le déterminant de la matrice des coefficients initiale.

Voir la solution détaillée · 5

La matrice des coefficients et celle utilisée pour yy sont

H=(2−11110021),H=\begin{pmatrix}2&-1&1\\1&1&0\\0&2&1\end{pmatrix},

Hy=(2611100−11).H_y=\begin{pmatrix}2&6&1\\1&1&0\\0&-1&1\end{pmatrix}.

Développez chaque déterminant selon la deuxième ligne, dont la troisième entrée est nulle. Pour la matrice initiale,

det⁡(H)=−1(−1−2)+1(2)=5.\det(H)=-1(-1-2)+1(2)=5.

Puisque det⁡(H)≠0\det(H)\ne0, le système admet une solution unique et la règle de Cramer s’applique. Pour la matrice de remplacement,

det⁡(Hy)=−1(6+1)+1(2)=−5.\begin{aligned}&\det(H_y)\\&=-1(6+1)+1(2)\\&=-5.\end{aligned}

Donc y=det⁡(Hy)/det⁡(H)=−1y=\det(H_y)/\det(H)=-1. La deuxième équation donne x=1−y=2x=1-y=2, et la troisième donne z=−1−2y=1z=-1-2y=1.

(x,y,z)=(2,−1,1).(x,y,z)=(2,-1,1).

Calculer seulement le déterminant demandé, puis substituer, évite deux déterminants de remplacement inutiles. Pour un grand système, l’élimination est généralement plus efficace que le calcul d’un déterminant pour chaque inconnue.

Vérifier le résultat et les conditions

Les membres de gauche des équations initiales valent 4+1+1=64+1+1=6, 2−1=12-1=1 et −2+1=−1-2+1=-1. Le dénominateur vaut 5 : aucune division par zéro n’est cachée. Si le déterminant initial avait été nul, ces quotients n’auraient pas permis de déterminer la compatibilité; il aurait fallu réduire le système par lignes.

Erreurs fréquentes

Remplacez une colonne, et non une ligne, en conservant l’ordre des constantes. Le déterminant de remplacement peut être négatif. C’est le déterminant initial non nul qui autorise la division.

Choisir quoi revoir

Si vous avez remplacé les mauvaises entrées, revoyez la distinction entre coefficients et constantes. Si vous avez oublié la condition sur le déterminant, reprenez la condition d’existence d’un inverse, puis refaites les deux premières étapes ici.

6. Séparer les cas avant de diviser

13 min · repère Nablio facultatif

Pour chaque valeur réelle de aa, déterminez si le système suivant admet une solution unique, aucune solution ou une infinité de solutions. Dans les cas compatibles, donnez toutes les solutions.

x+y+z=2,x+y+z=2,

x+ay+2z=3,x+ay+2z=3,

x+y+(a2−3a+3)z=a.x+y+(a^2-3a+3)z=a.

Déterminez aussi quand la matrice des coefficients est singulière. Votre raisonnement doit traiter chaque valeur exclue par une division ou une simplification.

Voir un indice · 6

Soustrayez la première équation de chacune des deux autres. Factorisez a2−3a+2a^2-3a+2, puis traitez séparément a=1a=1 et a=2a=2. Un facteur simplifié peut tout de même signaler un cas dont l’ensemble des solutions est différent.

Voir la solution détaillée · 6

Les opérations R2←R2−R1R_2\leftarrow R_2-R_1 et R3←R3−R1R_3\leftarrow R_3-R_1 donnent le système triangulaire équivalent

x+y+z=2,x+y+z=2,

(a−1)y+z=1,(a-1)y+z=1,

(a−1)(a−2)z=a−2.(a-1)(a-2)z=a-2.

Notons PaP_a la matrice des coefficients du système initial. Les ajouts de lignes ne changent pas le déterminant. Celui de PaP_a est donc égal au déterminant de la matrice triangulaire obtenue. Multipliez les entrées diagonales de cette matrice réduite : 11, a−1a-1 et (a−1)(a−2)(a-1)(a-2).

det⁡(Pa)=(a−1)2(a−2).\det(P_a)=(a-1)^2(a-2).

Cas 1 : a≠1,2a\ne1,2. Les deux facteurs sont non nuls. La dernière équation donne z=1/(a−1)z=1/(a-1). La deuxième donne alors

y=1−za−1=a−2(a−1)2.y=\frac{1-z}{a-1}=\frac{a-2}{(a-1)^2}.

Enfin,

x=2a2−6a+5(a−1)2.x=\frac{2a^2-6a+5}{(a-1)^2}.

La solution est unique, car les trois pivots sont non nuls.

Cas 2 : a=1a=1. La dernière équation réduite devient 0=−10=-1. Il n’y a aucune solution. Dans le système initial, la première et la troisième équation ont le même membre de gauche, mais des constantes de 2 et de 1 : la contradiction est confirmée.

Cas 3 : a=2a=2. La dernière équation réduite devient 0=00=0, tandis que la deuxième donne y+z=1y+z=1. Posez z=tz=t, où t∈Rt\in\mathbb R; alors y=1−ty=1-t et x=1x=1. Toutes les solutions sont

(x,y,z)=(1,1−t,t),t∈R.(x,y,z)=(1,1-t,t),\qquad t\in\mathbb R.

La matrice des coefficients est singulière exactement pour a=1a=1 et a=2a=2. La compatibilité diffère dans ces deux cas singuliers.

Vérifier le résultat et les conditions

Pour a≠1,2a\ne1,2, la substitution dans les équations réduites donne (a−1)y+z=1(a-1)y+z=1 et (a−1)(a−2)z=a−2(a-1)(a-2)z=a-2; la valeur choisie pour xx donne x+y+z=2x+y+z=2. Inverser les ajouts de lignes vérifie le système initial. Pour a=2a=2, la famille donne les membres de gauche 2,3,22,3,2 pour tout réel tt. Substituer a=2a=2 dans les formules du cas général fournit seulement (1,0,1)(1,0,1), un membre de cette famille, et fait perdre les autres solutions.

Erreurs fréquentes

Ne simplifiez pas a−2a-2 sans noter a≠2a\ne2, et ne divisez pas par a−1a-1 avant d’avoir examiné a=1a=1. Un déterminant nul ne signifie pas à lui seul « aucune solution ». Il faut lire une ligne nulle avec son entrée augmentée et les autres équations.

Choisir quoi revoir

Si vous avez perdu les cas particuliers, revoyez l’interprétation des lignes finales et des variables libres. Refaites ensuite cette question en écrivant les valeurs exclues avant toute fraction.

7. Distinguer produit scalaire, norme et angle

8 min · repère Nablio facultatif

Soit u=(2,−1,2)\mathbf u=(2,-1,2), v=(1,2,0)\mathbf v=(1,2,0) et w(s)=(s,1,−1)\mathbf w(s)=(s,1,-1), où s∈Rs\in\mathbb R.

  1. Trouvez u⋅v\mathbf u\cdot\mathbf v, ∥u∥\lVert\mathbf u\rVert et ∥v∥\lVert\mathbf v\rVert. Déterminez l’angle entre u\mathbf u et v\mathbf v.
  2. Trouvez la distance entre les points de coordonnées u\mathbf u et v\mathbf v.
  3. Trouvez toutes les valeurs de ss pour lesquelles w(s)\mathbf w(s) est orthogonal à u\mathbf u.
  4. Le produit scalaire du vecteur nul avec u\mathbf u vaut zéro. La formule de l’angle lui attribue-t-elle un angle de 90∘90^\circ avec u\mathbf u? Expliquez.
Voir un indice · 7

La distance utilise ∥u−v∥\lVert\mathbf u-\mathbf v\rVert, pas la différence des normes. La formule de l’angle divise par les deux normes : vérifiez donc qu’aucune n’est nulle avant de l’utiliser.

Voir la solution détaillée · 7

Le produit scalaire est un nombre :

u⋅v=2(1)+(−1)(2)+2(0)=0.\mathbf u\cdot\mathbf v=2(1)+(-1)(2)+2(0)=0.

Les normes sont

∥u∥=4+1+4=3,\lVert\mathbf u\rVert=\sqrt{4+1+4}=3,

∥v∥=1+4=5.\lVert\mathbf v\rVert=\sqrt{1+4}=\sqrt5.

Les deux vecteurs sont non nuls; la formule de l’angle s’applique donc :

cos⁡θ=u⋅v∥u∥∥v∥=0.\cos\theta=\frac{\mathbf u\cdot\mathbf v}{\lVert\mathbf u\rVert\lVert\mathbf v\rVert}=0.

Avec 0≤θ≤π0\le\theta\le\pi, on obtient θ=π/2\theta=\pi/2, soit 90∘90^\circ.

Pour la distance, u−v=(1,−3,2)\mathbf u-\mathbf v=(1,-3,2), d’où

d=1+9+4=14.d=\sqrt{1+9+4}=\sqrt{14}.

Pour la condition sur le paramètre,

u⋅w(s)=2s−1−2=2s−3.\mathbf u\cdot\mathbf w(s)=2s-1-2=2s-3.

Ce produit s’annule exactement pour s=3/2s=3/2. Le vecteur w(3/2)=(3/2,1,−1)\mathbf w(3/2)=(3/2,1,-1) est non nul; l’interprétation par un angle droit est donc valable aussi.

Algébriquement, le vecteur nul est orthogonal à tout vecteur selon la définition « le produit scalaire est nul ». Il n’a toutefois pas de direction, et la formule de l’angle exigerait une division par sa norme nulle. L’angle avec le vecteur nul n’est pas défini; cette formule ne lui attribue pas 90∘90^\circ.

Vérifier le résultat et les conditions

Pour s=3/2s=3/2, le produit scalaire vaut 3−1−2=03-1-2=0. De plus, d2=14=∥u∥2+∥v∥2d^2=14=\lVert\mathbf u\rVert^2+\lVert\mathbf v\rVert^2, ce qui concorde avec le produit scalaire nul. Les racines carrées représentent des longueurs non négatives; le calcul de l’angle exige deux vecteurs non nuls.

Erreurs fréquentes

Un produit scalaire donne un nombre, pas un vecteur. N’écrivez pas d=∥u∥−∥v∥d=\lVert\mathbf u\rVert-\lVert\mathbf v\rVert, n’oubliez pas la racine carrée dans une norme et ne déduisez pas un angle avec le vecteur nul à partir de son produit scalaire.

Choisir quoi revoir

Si vous avez confondu scalaire et vecteur, revoyez le produit scalaire et l’orthogonalité. Pour chaque réponse demandée ici, précisez ensuite s’il s’agit d’un scalaire, d’une longueur, d’un angle ou d’un paramètre avant de calculer.

8. Un système singulier peut avoir une solution utile

14 min · repère Nablio facultatif

Soit

S=(110011121),bk=(23k),\begin{aligned}S&=\begin{pmatrix}1&1&0\\0&1&1\\1&2&1\end{pmatrix},\\\mathbf b_k&=\begin{pmatrix}2\\3\\k\end{pmatrix},\end{aligned}

où k∈Rk\in\mathbb R, et soit n=(1,−1,1)\mathbf n=(1,-1,1).

  1. Sans développement complet par cofacteurs, montrez que SS est singulière. Expliquez pourquoi ni un inverse ni les quotients habituels de Cramer ne permettent de résoudre Sx=bkS\mathbf x=\mathbf b_k.
  2. Trouvez les valeurs de kk pour lesquelles le système est compatible, puis donnez toutes les solutions.
  3. Dans le cas compatible, trouvez la solution orthogonale à n\mathbf n. Vérifiez les deux conditions et expliquez pourquoi la condition ajoutée sélectionne exactement une solution.
  4. Cette solution sélectionnée rend-elle SS inversible? Expliquez.
Voir un indice · 8

La troisième ligne de coefficients est la somme des deux premières. Effectuez R3←R3−R1−R2R_3\leftarrow R_3-R_1-R_2 sur la matrice augmentée, en comprenant cette notation comme deux ajouts de lignes successifs. Une fois la famille obtenue, imposez que son produit scalaire avec n\mathbf n soit nul.

Voir la solution détaillée · 8

Retrancher la ligne 1, puis la ligne 2, de la ligne 3 produit une ligne de coefficients nuls. Les ajouts de lignes conservent le déterminant, et une matrice ayant une ligne nulle a un déterminant nul. Donc det⁡(S)=0\det(S)=0 : S−1S^{-1} n’existe pas et les quotients de Cramer auraient un dénominateur nul.

Dans la matrice augmentée, les mêmes opérations donnent la dernière ligne

[000k−5].\left[\begin{array}{rrr|c}0&0&0&k-5\end{array}\right].

Si k≠5k\ne5, il y a une contradiction, donc aucune solution. Si k=5k=5, les équations restantes sont x+y=2x+y=2 et y+z=3y+z=3. Posez z=tz=t, où t∈Rt\in\mathbb R. Alors

x(t)=(t−1,3−t,t).\mathbf x(t)=(t-1,3-t,t).

Chaque réel tt donne une solution. La condition d’orthogonalité ajoutée est

x(t)⋅n=(t−1)−(3−t)+t.\mathbf x(t)\cdot\mathbf n=(t-1)-(3-t)+t.

x(t)⋅n=3t−4.\mathbf x(t)\cdot\mathbf n=3t-4.

Ce produit s’annule exactement pour t=4/3t=4/3, ce qui sélectionne

x∗=(1/3,5/3,4/3).\mathbf x_*=(1/3,5/3,4/3).

La condition ajoutée sélectionne un seul membre, car l’équation 3t−4=03t-4=0 admet une solution unique. Elle ne modifie ni la matrice initiale ni son déterminant. Pour k=5k=5, le système initial admet toujours une infinité de solutions, et SS reste singulière.

Vérifier le résultat et les conditions

Les trois lignes évaluées en x∗\mathbf x_* donnent 1/3+5/3=21/3+5/3=2, 5/3+4/3=35/3+4/3=3 et 1/3+10/3+4/3=51/3+10/3+4/3=5. Le produit scalaire avec n\mathbf n vaut (1−5+4)/3=0(1-5+4)/3=0. On peut aussi vérifier que Sn=0S\mathbf n=\mathbf0 : modifier tt d’une quantité réelle modifie la solution de cette quantité fois n\mathbf n, sans changer le second membre. Le produit scalaire avec n\mathbf n, lui, varie de trois fois cette quantité.

Erreurs fréquentes

Ne concluez pas « aucune solution » à partir de la seule singularité. Ne vous arrêtez pas à une solution commode et ne dites pas que la condition ajoutée crée un inverse. Vérifiez aussi les constantes : la relation entre les lignes de coefficients doit être respectée par les constantes pour que le système soit compatible.

Choisir quoi revoir

Si le test de compatibilité ou la famille de solutions manque, reprenez les contradictions et les variables libres. Si la famille est correcte, mais pas la condition ajoutée, revoyez le test d’orthogonalité par produit scalaire, puis refaites seulement la partie 3.

Transformer votre tentative en plan de révision

  • Questions 1 ou 4 : si l’opération ou les dimensions du résultat posaient problème, reprenez la multiplication matricielle et le rôle d’un inverse. Refaites une vérification ligne par colonne.
  • Questions 2, 6 ou 8 : si vous avez manqué une contradiction ou une variable libre, revoyez l’interprétation d’un système réduit. Donnez l’ensemble complet des solutions, avec les valeurs permises du paramètre.
  • Questions 3 ou 5 : si le signe, le facteur ou la colonne de Cramer était incorrect, comparez les étapes de cette série avec le lien entre déterminant et inverse. La leçon existante fournit les bases; les méthodes plus longues de déterminant et de Cramer sont expliquées ici.
  • Questions 7 ou 8 : si l’orthogonalité ou la nature de la réponse n’était pas claire, revoyez le produit scalaire et l’orthogonalité, puis vérifiez directement une réponse proposée.

Pour votre prochaine tentative, choisissez une question avec une erreur de calcul et une autre avec une erreur de raisonnement. Expliquez à voix haute pourquoi chaque opération est permise et pourquoi tous les cas du paramètre ont été traités. Complétez cet échantillon avec les exercices demandés dans votre cours.

Quoi travailler avec un tuteur

Apportez votre démarche et encerclez la première ligne incertaine. Un tuteur peut vérifier votre notation des opérations sur les lignes, vous demander de justifier une méthode de déterminant, suivre les mêmes opérations dans les deux blocs du calcul de l’inverse et vous aider à séparer les cas avant de diviser. Pour les dernières questions, il peut vous faire vérifier à la fois le système et la condition de produit scalaire, puis vous proposer un nouvel exercice original à résoudre de façon autonome.

Consultez le tutorat MATH 204 à Concordia pour situer le cours et obtenir de l’aide individuelle. Appuyez-vous sur le plan actuel de votre enseignant pour choisir les notions prioritaires.

Exercices de pratique, et non questions d’examen officielles.

Notions du cours et renseignements sur l’examen

Concordia, automne 2026 : matière et modalités de l’évaluation

Le plan officiel de MATH 204 à Concordia pour l’automne 2026, vérifié le 4 octobre 2026, situe la semaine de relâche du 10 au 16 octobre et prévoit un examen de mi-session commun à toutes les sections le dimanche 1er novembre, de 10 h à 11 h 30. La matière annoncée correspond aux semaines 1 à 6. Consultez les annonces de votre enseignant pour les mises à jour et la salle.

Cette série reprend une sélection de notions de ces semaines : systèmes, opérations matricielles, inverses et matrices élémentaires, déterminants, règle de Cramer, ainsi que vecteurs élémentaires, normes, produit scalaire, distance et orthogonalité. La géométrie des systèmes linéaires, le produit vectoriel, les espaces vectoriels et les valeurs propres apparaissent plus tard dans ce plan et ne font pas partie de cette série de base.

Pour MATH 133 à McGill, choisissez les questions qui correspondent à votre plan de cours actuel.

Plan de cours

Le plan de MATH 204 à Concordia pour l’automne 2026 confirme les dates et la matière indiquées ci-dessus (semaine de relâche : page 1; examen de mi-session : page 2; calendrier des notions : page 3).

Prêt à vous exercer sans indices? Pour MATH 204 à Concordia, essayez l’examen blanc de l’intra en huit questions, avec les énoncés seuls et le corrigé séparé.

Utile pour

MATH 204 à Concordia : systèmes, inverses, déterminants, vecteurs et orthogonalité. Également utile pour les notions communes à MATH 133 à McGill.

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