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Condensateurs : charge, tension et énergie stockée

Distinguez charge, tension et énergie. Résolvez des réseaux de condensateurs et comparez les contraintes de connexion. Quatre exemples et six exercices corrigés.

Nablio · 45 minPublié le

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Pour les notions du cours et l’aide individuelle, consultez le tutorat PHYS 205 à Concordia.

Un même condensateur peut perdre de l’énergie quand ses plaques s’écartent, ou en gagner. Tout dépend de ce qui reste connecté. La première étape consiste donc à préciser les connexions et ce qui peut échanger de la charge ou de l’énergie.

Avant de commencer : sachez utiliser les puissances de dix, réarranger une équation et interpréter une différence de potentiel. Le raisonnement principal est algébrique; une courte intégrale facultative explique la formule d’énergie.

À la fin : vous devriez pouvoir distinguer charge, tension, capacité et énergie; reconnaître des associations en série ou en parallèle; puis justifier la conservation de la charge sans supposer celle de l’énergie électrique stockée.

Ces explications, figures et exercices sont originaux. Ils accompagnent le thème de la capacité électrique dans PHYS 205 à Concordia. Ils ne constituent ni un cours complet ni une prévision d’évaluation. Votre plan de cours actuel précise la profondeur attendue.

1. Distinguer quatre grandeurs

Nous utilisons le modèle d’un condensateur idéal, linéaire, à deux bornes, dont les plaques portent des charges opposées. La capacité C>0C>0 est constante tant que la géométrie et le matériau isolant ne changent pas. On néglige les fuites (pertes de charge), le claquage (l’isolant devient conducteur lorsque le champ électrique est trop intense) et les capacités parasites entre les pièces voisines. Les résultats décrivent l’équilibre du réseau : son état final après l’arrêt des courants de charge.

  • Charge : qaq_a est la charge algébrique sur la plaque reliée à la borne a; l’autre plaque porte −qa-q_a. L’unité est le coulomb, C\mathrm C.
  • Tension : v=Va−Vbv=V_a-V_b est une différence de potentiel orientée entre deux bornes, en volts. Changer le zéro des potentiels ne change pas cette différence.
  • Capacité : CC relie la charge à la tension. Elle se mesure en farads, 1 F=1 C/V1\,\mathrm F=1\,\mathrm C/\mathrm V.
  • Énergie stockée : UU est l’énergie électrique du condensateur, en joules. Ce n’est ni une charge ni une tension.

qa=Cvq_a=Cv

Pour les exemples à polarité positive, nous écrirons Q=∣qa∣Q=|q_a| et V=∣v∣V=|v|, donc Q=CVQ=CV. Un condensateur « chargé à QQ » porte +Q+Q sur une plaque et −Q-Q sur l’autre. Sa charge nette est nulle; QQ n’est pas la somme des valeurs absolues des deux charges.

À éviter : la capacité n’est pas une charge maximale. Dans ce modèle linéaire, doubler la tension double la charge sans changer CC. Un composant réel possède aussi une tension nominale et des limites de fonctionnement; nous ne les calculons pas ici.

2. Relier l’énergie à la charge et à la tension

Quand on charge progressivement un condensateur à capacité fixe depuis l’état déchargé, sa tension augmente de zéro à VV. Les dernières petites quantités de charge sont déplacées à travers une tension plus élevée que les premières. La tension moyenne par rapport à la charge transférée, et non par rapport au temps, est V/2V/2. L’énergie stockée vaut donc :

U=12QVU=\frac12 QV

U=12CV2=Q22CU=\frac12 CV^2=\frac{Q^2}{2C}

Ces trois expressions décrivent le même état. Choisissez celle qui utilise la grandeur imposée. L’énergie reste positive si on inverse la polarité : sous forme algébrique, U=12Cv2U=\tfrac12 Cv^2.

Graphique de la tension en fonction de la charge : droite de 0 à 24 microcoulombs et de 0 à 8 volts. Le triangle sous la droite représente 96 microjoules.
À capacité fixe, l’aire sous la droite tension–charge donne l’énergie stockée. La pente vaut 1/C1/C.
Pourquoi le facteur un demi? Version avec intégrale

À capacité fixe, le travail réversible pour transférer une petite charge dq\mathrm dq vaut dU=(q/C) dq\mathrm dU=(q/C)\,\mathrm dq. Intégrer depuis l’état déchargé donne :

U=∫0QqC dq=Q22CU=\int_0^Q\frac qC\,\mathrm dq=\frac{Q^2}{2C}

Exemple 1 : calculer la charge, puis l’énergie

Un condensateur de 3 μF3\,\mu\mathrm F présente une tension de 8 V8\,\mathrm V. Déterminez la charge d’une plaque et l’énergie stockée.

Q=(3 μF)(8 V)Q=(3\,\mu\mathrm F)(8\,\mathrm V)

Q=24 μCQ=24\,\mu\mathrm C

U=12(24 μC)(8 V)U=\frac12(24\,\mu\mathrm C)(8\,\mathrm V)

U=96 μJU=96\,\mu\mathrm J

Les plaques portent donc +24 μC+24\,\mu\mathrm C et −24 μC-24\,\mu\mathrm C. Vérification des unités : 1 μF=10−6 F1\,\mu\mathrm F=10^{-6}\,\mathrm F et 1 μC⋅V=1 μJ1\,\mu\mathrm C\cdot\mathrm V=1\,\mu\mathrm J.

Attention au système : cette formule donne l’énergie finalement stockée, pas nécessairement toute l’énergie fournie par une source. Une résistance peut aussi recevoir de l’énergie pendant la charge. Ne posez pas automatiquement « travail de la pile = énergie du condensateur ».

3. Déterminer ce que la connexion impose

  • Source de tension idéale toujours branchée : la source impose la différence de potentiel. Elle peut fournir ou reprendre de la charge. Si CC change, calculez la nouvelle charge avec Q=CVQ=CV.
  • Deux bornes débranchées et isolées : aucune charge ne peut entrer dans une plaque ou en sortir. Sans fuite ni autre connexion, la charge de chaque plaque reste fixe. Si CC change, calculez la nouvelle tension avec V=Q/CV=Q/C.
  • Plusieurs condensateurs reliés entre eux, sans source : les plaques reliées peuvent échanger de la charge. C’est la charge algébrique totale de chaque groupe conducteur isolé qui se conserve, pas nécessairement celle de chaque plaque.

Le mot « isolé » doit désigner un système précis. Un réseau complet peut être isolé de l’extérieur alors que la charge se redistribue à l’intérieur. De même, l’absence de pile ne garantit pas la conservation de l’énergie stockée : une résistance peut chauffer et une force extérieure peut déplacer les plaques.

4. Reconnaître le parallèle et la série par les nœuds

Un nœud regroupe les points reliés par des fils idéaux, au même potentiel à l’équilibre. Redessiner un fil sans changer ses connexions ne change pas le réseau. La position des symboles sur la page ne suffit pas à décider « série » ou « parallèle ».

Parallèle : deux nœuds communs

Si les deux condensateurs sont branchés entre les mêmes nœuds a et b, ils partagent la même tension orientée vv. Les charges des plaques reliées au nœud a s’additionnent algébriquement :

qa,tot=C1v+C2vq_{a,\mathrm{tot}}=C_1v+C_2v

Ceq=C1+C2C_{\mathrm{eq}}=C_1+C_2

À tension identique, la plus grande capacité porte la plus grande valeur absolue de charge et stocke le plus d’énergie. La capacité équivalente est supérieure à chacune des capacités positives.

Série : un nœud intermédiaire isolé et neutre

Considérez a, puis C1C_1, puis b, puis C2C_2, puis c. Le nœud b ne doit comporter aucune autre branche. Pour utiliser la règle « même charge », il faut aussi que le conducteur intermédiaire, formé des deux plaques et de leur fil, ait une charge nette initiale nulle et ne puisse échanger de charge avec l’extérieur.

Avec une polarité positive de a vers c, la plaque intérieure de C1C_1 porte −Q1-Q_1 et celle de C2C_2 porte +Q2+Q_2. La neutralité impose −Q1+Q2=0-Q_1+Q_2=0, donc Q1=Q2=QQ_1=Q_2=Q. Les tensions s’additionnent :

V=QC1+QC2V=\frac Q{C_1}+\frac Q{C_2}

1Ceq=1C1+1C2\frac1{C_{\mathrm{eq}}}=\frac1{C_1}+\frac1{C_2}

La capacité équivalente est inférieure à la plus petite capacité. À charge identique, la plus petite capacité reçoit la plus grande tension et stocke le plus d’énergie, puisque V=Q/CV=Q/C et U=Q2/(2C)U=Q^2/(2C).

Limite importante : si le nœud intermédiaire a une charge nette conservée qb≠0q_b\ne0, utilisez les charges orientées q1=C1(Va−Vb)q_1=C_1(V_a-V_b) et q2=C2(Vb−Vc)q_2=C_2(V_b-V_c). L’équation est alors −q1+q2=qb-q_1+q_2=q_b, et les charges orientées ne sont pas égales. Il faut conserver cette contrainte au lieu d’appliquer aveuglément la règle usuelle. De la charge n’a pas besoin de traverser l’isolant d’un condensateur pour se redistribuer sur le conducteur intermédiaire.

5. Réduire un réseau, puis retrouver chaque condensateur

Exemple 2 : un bloc parallèle dans une association en série

Une source impose 12 V12\,\mathrm V entre A et D. Les condensateurs C1=3 μFC_1=3\,\mu\mathrm F et C2=6 μFC_2=6\,\mu\mathrm F sont en parallèle entre A et B. Ce bloc est en série avec C3=18 μFC_3=18\,\mu\mathrm F, entre B et D. Tous sont initialement déchargés, et B n’a aucune autre connexion. Trouvez les tensions, les charges et l’énergie totale à l’équilibre.

C1 de 3 microfarads et C2 de 6 microfarads en parallèle entre A à 12 volts et B à 4 volts; C3 de 18 microfarads entre B et D à zéro volt. Les potentiels indiqués sont les résultats.
Les nœuds communs révèlent les connexions. Les potentiels sont les résultats calculés ci-dessous; D sert de référence.

Étape A : réduire depuis le bloc intérieur

C12=(3+6) μFC_{12}=(3+6)\,\mu\mathrm F

C12=9 μFC_{12}=9\,\mu\mathrm F

Ceq=9×189+18 μFC_{\mathrm{eq}}=\frac{9\times18}{9+18}\,\mu\mathrm F

Ceq=6 μFC_{\mathrm{eq}}=6\,\mu\mathrm F

Vérifiez le sens du résultat : C12>6 μFC_{12}>6\,\mu\mathrm F pour le parallèle, puis Ceq<9 μFC_{\mathrm{eq}}<9\,\mu\mathrm F pour la série.

Étape B : remonter du réseau aux branches

Q=CeqV=72 μCQ=C_{\mathrm{eq}}V=72\,\mu\mathrm C

VAB=729 V=8 VV_{AB}=\frac{72}{9}\,\mathrm V=8\,\mathrm V

VBD=7218 V=4 VV_{BD}=\frac{72}{18}\,\mathrm V=4\,\mathrm V

Le bloc C12C_{12} et C3C_3 portent la même valeur absolue de charge. À l’intérieur du bloc parallèle, les deux condensateurs ont plutôt la même tension :

Q1=(3×8) μCQ_1=(3\times8)\,\mu\mathrm C

Q1=24 μCQ_1=24\,\mu\mathrm C

Q2=(6×8) μCQ_2=(6\times8)\,\mu\mathrm C

Q2=48 μCQ_2=48\,\mu\mathrm C

Q3=72 μCQ_3=72\,\mu\mathrm C

Vérifications : (8+4) V=12 V(8+4)\,\mathrm V=12\,\mathrm V et Q1+Q2=Q3Q_1+Q_2=Q_3. Au nœud B, les charges algébriques sont (−24−48+72) μC=0(-24-48+72)\,\mu\mathrm C=0. La neutralité est respectée. Dire « les trois condensateurs sont en série, donc chacun porte 72 microcoulombs » aurait manqué la dérivation en parallèle.

Étape C : vérifier l’énergie de deux façons

U1=96 μJU_1=96\,\mu\mathrm J

U2=192 μJU_2=192\,\mu\mathrm J

U3=144 μJU_3=144\,\mu\mathrm J

Utot=432 μJU_{\mathrm{tot}}=432\,\mu\mathrm J

12CeqV2=432 μJ\frac12 C_{\mathrm{eq}}V^2=432\,\mu\mathrm J

La somme des énergies individuelles concorde avec celle du condensateur équivalent. Additionner les valeurs absolues des charges sur toutes les plaques ne donnerait ni la charge fournie à une borne du réseau ni son énergie.

6. Écarter les plaques : même changement, deux contraintes

Pour de grandes plaques parallèles dans le vide, séparées par une petite distance dd devant leurs dimensions latérales, on néglige les effets de bord :

C=ε0AdC=\frac{\varepsilon_0 A}{d}

Ici, ε0\varepsilon_0 est la permittivité du vide, d’environ 8,85×10−12 F/m8{,}85\times10^{-12}\,\mathrm{F/m}. L’aire AA est celle d’une plaque. Doubler dd à aire constante divise la capacité par deux, à condition que l’approximation reste valable. La géométrie détermine ce changement de capacité; la connexion détermine ce qui arrive ensuite à QQ, VV et UU.

Exemple 3 : comparer charge fixe et tension fixe

Au départ, Ci=4 μFC_i=4\,\mu\mathrm F et Vi=12 VV_i=12\,\mathrm V. Comparez deux expériences distinctes où les plaques s’écartent lentement jusqu’à doubler leur séparation. On néglige les pertes et les variations d’énergie cinétique; la capacité finale vaut Cf=2 μFC_f=2\,\mu\mathrm F.

Qi=48 μCQ_i=48\,\mu\mathrm C

Ui=288 μJU_i=288\,\mu\mathrm J

Expérience A : débrancher avant le mouvement

Chaque plaque est isolée, donc Qf=QiQ_f=Q_i.

Vf=482 V=24 VV_f=\frac{48}{2}\,\mathrm V=24\,\mathrm V

Uf=4822×2 μJU_f=\frac{48^2}{2\times2}\,\mu\mathrm J

Uf=576 μJU_f=576\,\mu\mathrm J

L’énergie stockée augmente de 288 μJ288\,\mu\mathrm J. Cette énergie vient du travail mécanique extérieur effectué contre l’attraction des plaques. À déplacement lent et sans pertes, Wext=ΔUW_{\mathrm{ext}}=\Delta U. La conservation de la charge n’impose donc pas une énergie constante.

Expérience B : garder la source de 12 V branchée

Cette fois, Vf=ViV_f=V_i.

Qf=(2×12) μCQ_f=(2\times12)\,\mu\mathrm C

Qf=24 μCQ_f=24\,\mu\mathrm C

Uf=12(2)(122) μJU_f=\frac12(2)(12^2)\,\mu\mathrm J

Uf=144 μJU_f=144\,\mu\mathrm J

L’énergie stockée diminue de 144 μJ144\,\mu\mathrm J, mais la force extérieure fournit encore un travail positif. La source reçoit aussi de l’énergie. En comptant positivement l’énergie fournie au condensateur par la source :

Ws=V(Qf−Qi)W_s=V(Q_f-Q_i)

Ws=12(24−48) μJW_s=12(24-48)\,\mu\mathrm J

Ws=−288 μJW_s=-288\,\mu\mathrm J

ΔU=Ws+Wext\Delta U=W_s+W_{\mathrm{ext}}

Wext=144 μJW_{\mathrm{ext}}=144\,\mu\mathrm J

La source reçoit 288 μJ288\,\mu\mathrm J : 144 μJ144\,\mu\mathrm J viennent de la diminution d’énergie du condensateur et 144 μJ144\,\mu\mathrm J du travail mécanique extérieur. Ce bilan suppose une source idéale capable de reprendre de l’énergie et un déplacement assez lent pour garder le condensateur près de l’équilibre, avec des pertes négligeables. Il ne décrit pas une charge brusque à travers une résistance.

7. Relier deux condensateurs : conserver la charge, suivre l’énergie

Deux condensateurs à capacités fixes sont séparés de toute source. On relie leurs bornes a entre elles à travers une résistance positive finie, puis leurs bornes b entre elles. On attend l’équilibre. On néglige les fuites vers l’extérieur, l’inductance, le rayonnement et tout mouvement des plaques. La résistance permet au courant transitoire de décroître en dissipant de l’énergie.

Les tensions initiales v1v_1 et v2v_2 utilisent toutes deux le sens a moins b. Le groupe des plaques a conserve sa charge algébrique totale. À l’équilibre, la tension commune est vfv_f :

qa,tot=C1v1+C2v2q_{a,\mathrm{tot}}=C_1v_1+C_2v_2

qa,tot=(C1+C2)vfq_{a,\mathrm{tot}}=(C_1+C_2)v_f

vf=C1v1+C2v2C1+C2v_f=\frac{C_1v_1+C_2v_2}{C_1+C_2}

La tension finale est une moyenne pondérée par les capacités; ce n’est une simple moyenne arithmétique que si les capacités sont égales. Le groupe des plaques b porte la charge opposée. Dire seulement « la charge totale des deux condensateurs est nulle » ne suffit pas à trouver la tension finale.

Exemple 4 : charger un deuxième condensateur

Un condensateur de 2 μF2\,\mu\mathrm F est chargé à 12 V12\,\mathrm V; un autre de 4 μF4\,\mu\mathrm F est déchargé. La borne a du premier porte la charge positive. Utilisez la connexion décrite ci-dessus.

vf=2(12)+4(0)2+4 Vv_f=\frac{2(12)+4(0)}{2+4}\,\mathrm V

vf=4 Vv_f=4\,\mathrm V

q1f=8 μCq_{1f}=8\,\mu\mathrm C

q2f=16 μCq_{2f}=16\,\mu\mathrm C

La somme (8+16) μC=24 μC(8+16)\,\mu\mathrm C=24\,\mu\mathrm C retrouve la charge initiale du groupe a. En revanche, l’énergie des condensateurs n’est pas conservée :

Ui=12(2)(122) μJU_i=\frac12(2)(12^2)\,\mu\mathrm J

Ui=144 μJU_i=144\,\mu\mathrm J

Uf=12(2+4)(42) μJU_f=\frac12(2+4)(4^2)\,\mu\mathrm J

Uf=48 μJU_f=48\,\mu\mathrm J

ER=Ui−Uf=96 μJE_R=U_i-U_f=96\,\mu\mathrm J

Dans ce modèle, la résistance reçoit 96 μJ96\,\mu\mathrm J par effet Joule. La charge est conservée, et l’énergie totale l’est aussi lorsqu’on inclut l’énergie interne de la résistance. Seule l’énergie électrique stockée diminue. On n’a supposé ni redistribution instantanée ni liaison parfaitement dépourvue de résistance.

Vérification générale de la différence d’énergie

Soustrayez l’énergie finale de la somme des deux énergies initiales et remplacez vfv_f par la moyenne pondérée. On obtient :

ER=Ui−UfE_R=U_i-U_f

ER=C1C22(C1+C2)(v1−v2)2E_R=\frac{C_1C_2}{2(C_1+C_2)}(v_1-v_2)^2

Pour des capacités positives, cette expression est positive ou nulle. Elle s’annule lorsque les tensions initiales orientées sont déjà égales. Ce résultat concerne le processus résistif à géométrie fixe et sans source défini ici; un montage avec une autre source ou un mécanisme de récupération d’énergie demande un autre bilan.

8. Essayer six exercices progressifs

Faites d’abord votre propre schéma et nommez la contrainte. Ouvrez l’indice seulement si nécessaire, puis comparez le raisonnement de la solution.

Question 1 : changer la tension

Un condensateur linéaire de 5 μF5\,\mu\mathrm F passe de 4 V4\,\mathrm V à 12 V12\,\mathrm V. Calculez les charges et les énergies initiales et finales. La capacité change-t-elle?

Voir un indice

La capacité est fixe. Comparez une dépendance linéaire en tension à une dépendance quadratique.

Voir la solution expliquée

Qi=20 μCQ_i=20\,\mu\mathrm C

Qf=60 μCQ_f=60\,\mu\mathrm C

Ui=40 μJU_i=40\,\mu\mathrm J

Uf=360 μJU_f=360\,\mu\mathrm J

La tension est multipliée par 3, la charge par 3 et l’énergie par 9. La capacité reste 5 μF5\,\mu\mathrm F.

Question 2 : reconnaître une association en série

Deux condensateurs initialement déchargés de 4 μF4\,\mu\mathrm F et 12 μF12\,\mu\mathrm F sont en série sous 16 V16\,\mathrm V. Le nœud intermédiaire est isolé et initialement neutre. Trouvez la capacité équivalente, chaque charge, chaque tension et le condensateur qui stocke le plus d’énergie.

Voir un indice

La même valeur absolue de charge apparaît sur les deux condensateurs. Réduisez le réseau avant de répartir la tension.

Voir la solution expliquée

Ceq=3 μFC_{\mathrm{eq}}=3\,\mu\mathrm F

Q=48 μCQ=48\,\mu\mathrm C

V1=12 VV_1=12\,\mathrm V

V2=4 VV_2=4\,\mathrm V

U1=288 μJU_1=288\,\mu\mathrm J

U2=96 μJU_2=96\,\mu\mathrm J

La plus petite capacité stocke trois fois plus d’énergie, car la charge est commune. Les tensions totalisent 16 V.

Question 3 : reconnecter les mêmes capacités en parallèle

Dans une nouvelle expérience, des condensateurs déchargés de 4 μF4\,\mu\mathrm F et 12 μF12\,\mu\mathrm F sont branchés en parallèle sous 16 V16\,\mathrm V. Trouvez la capacité équivalente, les charges et le rapport des énergies. Il ne s’agit pas d’une commutation à partir de l’état de la question 2.

Voir un indice

Repérez les deux nœuds communs : chaque condensateur a maintenant la tension entière.

Voir la solution expliquée

Ceq=16 μFC_{\mathrm{eq}}=16\,\mu\mathrm F

Q1=64 μCQ_1=64\,\mu\mathrm C

Q2=192 μCQ_2=192\,\mu\mathrm C

U1=512 μJU_1=512\,\mu\mathrm J

U2=1536 μJU_2=1536\,\mu\mathrm J

Cette fois, U2/U1=3U_2/U_1=3. La plus grande capacité stocke plus d’énergie, car la tension est commune. La règle de comparaison change avec la contrainte.

Question 4 : modifier le réseau de l’exemple 2

Gardez C1=3 μFC_1=3\,\mu\mathrm F et C2=6 μFC_2=6\,\mu\mathrm F en parallèle, puis placez ce bloc en série avec C3=9 μFC_3=9\,\mu\mathrm F sous 12 V12\,\mathrm V. Tous les condensateurs sont initialement déchargés et le nœud B n’a aucune autre connexion. Trouvez les trois charges et l’énergie totale finale.

Voir un indice

Le bloc parallèle et le troisième condensateur ont maintenant des capacités égales. Cela fixe le partage de tension.

Voir la solution expliquée

Ceq=92 μFC_{\mathrm{eq}}=\frac92\,\mu\mathrm F

Q=54 μCQ=54\,\mu\mathrm C

VAB=VBD=6 VV_{AB}=V_{BD}=6\,\mathrm V

Q1=18 μCQ_1=18\,\mu\mathrm C

Q2=36 μCQ_2=36\,\mu\mathrm C

Q3=54 μCQ_3=54\,\mu\mathrm C

Utot=(54+108+162) μJU_{\mathrm{tot}}=(54+108+162)\,\mu\mathrm J

Utot=324 μJU_{\mathrm{tot}}=324\,\mu\mathrm J

Vérifiez la neutralité du nœud B et retrouvez la même énergie avec la capacité équivalente.

Question 5 : diagnostiquer une contrainte manquante

Quelqu’un affirme : « Si on double la séparation des plaques, l’énergie est divisée par deux puisque la capacité l’est. » Dans le modèle des plaques parallèles, dans quel cas est-ce vrai? Que se passe-t-il si chaque plaque est isolée? Expliquez la provenance de l’énergie dans ce dernier cas.

Voir un indice

Choisissez entre les deux expressions de l’énergie selon la grandeur fixe.

Voir la solution expliquée

À tension fixe, U=CV2/2U=CV^2/2, donc l’énergie est divisée par deux. À charge fixe, U=Q2/(2C)U=Q^2/(2C), donc elle double. Dans le second cas, pour un mouvement lent sans pertes, le travail extérieur contre l’attraction apporte l’augmentation d’énergie. La conclusion initiale omettait la connexion.

Question 6 : redistribuer des charges de signes opposés

Deux condensateurs de 3 μF3\,\mu\mathrm F ont les tensions initiales orientées v1=+6 Vv_1=+6\,\mathrm V et v2=−2 Vv_2=-2\,\mathrm V. On utilise la connexion résistive sans source de la section 7, à capacités fixes. Trouvez la tension finale, les charges finales des plaques a et l’énergie reçue par la résistance.

Voir un indice

Additionnez les charges algébriques des plaques a. Le signe négatif concerne la polarité, pas une énergie négative.

Voir la solution expliquée

qa,i=[3(6)+3(−2)] μCq_{a,i}=[3(6)+3(-2)]\,\mu\mathrm C

qa,i=12 μCq_{a,i}=12\,\mu\mathrm C

vf=123+3 V=2 Vv_f=\frac{12}{3+3}\,\mathrm V=2\,\mathrm V

q1f=q2f=6 μCq_{1f}=q_{2f}=6\,\mu\mathrm C

Ui=12(3)(62+(−2)2) μJU_i=\frac12(3)(6^2+(-2)^2)\,\mu\mathrm J

Ui=60 μJU_i=60\,\mu\mathrm J

Uf=12 μJU_f=12\,\mu\mathrm J

ER=48 μJE_R=48\,\mu\mathrm J

La charge du groupe a reste 12 microcoulombs. L’énergie initiale est positive pour les deux condensateurs; les carrés empêchent de traiter une polarité négative comme une énergie négative.

9. Vérifier la méthode avant le calcul

  • Marquez les nœuds et la polarité des tensions. N’identifiez pas les associations à partir de leur seule apparence.
  • Écrivez « tension fixée par la source », « charge de chaque plaque fixe » ou « charge du groupe isolé conservée ». Précisez quel groupe.
  • En série, justifiez la neutralité du nœud intermédiaire avant d’égaliser les charges. En parallèle, vérifiez les deux nœuds communs.
  • Réduisez le réseau, puis remontez vers chaque composant. Un bloc parallèle peut porter une charge totale différente de celle de chaque branche.
  • Contrôlez les unités, la somme des tensions et les charges algébriques aux nœuds isolés. Comparez les énergies par deux calculs quand c’est possible.
  • N’imposez pas la conservation de l’énergie des seuls condensateurs si une source, une résistance ou une force mécanique échange de l’énergie avec eux.

Pour revoir la différence entre potentiel et énergie, consultez Champ et potentiel électriques. Pour les signes des tensions dans des circuits résistifs stationnaires, poursuivez avec les lois de Kirchhoff. La résolution temporelle des circuits RC est une autre étape; elle n’est pas développée ici.

10. Références et lien avec le cours

Cours : PHYS 205 — Electricity and Magnetism à Concordia.

Pour consulter d’autres explications des principes, voir University Physics, Volume 2, OpenStax. Les énoncés, valeurs numériques et figures de ce guide ont été créés pour Nablio; ils ne reproduisent pas des exercices ou des examens de cours.

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