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Intersection de plans : réduction par lignes et géométrie

Trouvez la droite d’intersection de deux plans par réduction par lignes et avec un paramètre libre. Comparez plans sécants, confondus et parallèles avec une figure et trois exercices corrigés.

Nablio · 20 minPublié le

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Pour les notions du cours et l’aide individuelle, consultez le tutorat MATH 204 à Concordia.

Avant de commencer : révisez les équations linéaires et les coordonnées dans l’espace. Cette leçon originale relie les systèmes à la géométrie dans MATH 204 à Concordia; elle ne couvre pas tout le cours.

De deux plans à une droite : donner un sens géométrique à la réduction

Trouvez tous les points communs à deux plans, puis expliquez pourquoi la réponse contient un paramètre libre. Cet exemple relie une matrice augmentée à une droite dans l’espace à trois dimensions. Les exercices comparent ensuite une droite d’intersection, des plans confondus et des plans parallèles.

1. Partir de la question géométrique

Notons x,y,zx,y,z les coordonnées réelles d’un point Q=(x,y,z)Q=(x,y,z). Les deux plans, nommés P1P_1 et P2P_2, sont P1: x+y+z=4,P2: 2x+y−z=5.\begin{aligned}P_1:\ x+y+z&=4,\\P_2:\ 2x+y-z&=5.\end{aligned} Nous cherchons tous les points qui vérifient les deux équations à la fois. Chaque équation décrit un plan, car au moins un coefficient des variables est non nul. Ses coefficients forment un vecteur normal, c’est-à-dire un vecteur non nul perpendiculaire au plan : n1=(1,1,1)\mathbf n_1=(1,1,1) et n2=(2,1,−1)\mathbf n_2=(2,1,-1). Ces normales ne sont pas des multiples scalaires l’une de l’autre. Les plans ont donc des orientations différentes et se coupent suivant une droite. La réduction sur les lignes permettra de trouver cette droite.

2. Réunir les deux plans dans une matrice augmentée

Conservez l’ordre des colonnes x,y,zx,y,z. Chaque ligne représente une équation; la barre verticale sépare les trois coefficients des variables de la constante à droite. La matrice augmentée est [111421−15].\left[\begin{array}{rrr|r}1&1&1&4\\2&1&-1&5\end{array}\right]. Ici, R1R_1 et R2R_2 désignent les première et deuxième lignes courantes. Le symbole ←\leftarrow signifie « remplacer par ». Une opération agit sur toute la ligne, y compris la constante.

3. Éliminer en conservant les mêmes points communs

Effectuez d’abord R2←R2−2R1R_2\leftarrow R_2-2R_1 : [11140−1−3−3].\left[\begin{array}{rrr|r}1&1&1&4\\0&-1&-3&-3\end{array}\right]. La nouvelle deuxième ligne signifie −y−3z=−3-y-3z=-3. La première équation étant conservée, l’ajouter deux fois permet de retrouver la deuxième équation initiale. Cette réversibilité conserve exactement les solutions communes, même si le deuxième plan change. Effectuez ensuite R2←−R2R_2\leftarrow -R_2 : [11140133].\left[\begin{array}{rrr|r}1&1&1&4\\0&1&3&3\end{array}\right]. Enfin, R1←R1−R2R_1\leftarrow R_1-R_2 donne [10−210133].\left[\begin{array}{rrr|r}1&0&-2&1\\0&1&3&3\end{array}\right]. Les deux équations restantes sont x−2z=1x-2z=1 et y+3z=3y+3z=3.

4. Expliquer pourquoi une coordonnée est libre

Un pivot est le premier coefficient non nul d’une ligne non nulle de cette matrice réduite. Les pivots se trouvent dans les colonnes de xx et de yy; la colonne de zz n’en contient pas. Les équations déterminent xx et yy une fois zz choisi, mais n’imposent aucune autre restriction à zz. Choisissez un nombre réel quelconque tt et posez z=tz=t. Le symbole tt est un paramètre qui permet de décrire les solutions; il ne représente pas le temps ici. On obtient x=1+2t,y=3−3t,z=t,t∈R.\begin{gathered}x=1+2t,\\y=3-3t,\\z=t,\\t\in\mathbb R.\end{gathered} La notation t∈Rt\in\mathbb R signifie que tt peut être n’importe quel nombre réel. Fixer t=0t=0 donne un point, pas la réponse complète.

5. Reconnaître la droite dans la forme paramétrique

Regroupez les trois coordonnées : r(t)=(1,3,0)+t(2,−3,1),t∈R.\begin{gathered}\mathbf r(t)=(1,3,0)+t(2,-3,1),\\t\in\mathbb R.\end{gathered} Ici, r(t)\mathbf r(t) est le vecteur position d’un point de la droite d’intersection, mesuré à partir de l’origine. Le point A=(1,3,0)A=(1,3,0) correspond à t=0t=0. Le vecteur non nul d=(2,−3,1)\mathbf d=(2,-3,1) donne la direction de la droite : augmenter tt de 1 fait varier les coordonnées de +2,−3,+1+2,-3,+1. Par exemple, t=1t=1 donne B=(3,0,1)B=(3,0,1). En laissant tt parcourir tous les nombres réels, on parcourt toute la droite dans les deux sens.

Des portions des plans x+y+z=4 et 2x+y−z=5 ont en commun la droite passant par A=(1,3,0) et B=(3,0,1). Les axes des coordonnées portent les étiquettes x, y et z.
Projection parallèle. A et B appartiennent aux deux plans, et B−A=(2,−3,1) donne la direction de la droite. Les surfaces colorées ne montrent que des portions des plans infinis; leurs bords dessinés ne limitent pas les plans. La droite se prolonge dans les deux sens.

6. Vérifier toute la droite dans les équations initiales

Remplacez les coordonnées par leurs expressions paramétriques en gardant tt quelconque. Pour P1P_1, (1+2t)+(3−3t)+t=4.(1+2t)+(3-3t)+t=4. Pour P2P_2, 2(1+2t)+(3−3t)−t=5.2(1+2t)+(3-3t)-t=5. Ces deux identités sont vraies pour tout réel tt. Chaque point de la droite proposée appartient donc aux deux plans. Réciproquement, tout point commun doit vérifier les équations réduites, qui imposent exactement ces formules lorsqu’on pose t=zt=z. La droite contient donc toutes les solutions. On peut aussi vérifier la direction : n1⋅d=2−3+1=0,n2⋅d=4−3−1=0.\begin{aligned}\mathbf n_1\cdot\mathbf d&=2-3+1=0,\\\mathbf n_2\cdot\mathbf d&=4-3-1=0.\end{aligned} Le produit scalaire multiplie les composantes correspondantes, puis les additionne. Ces résultats nuls confirment que la direction est perpendiculaire aux deux normales, comme l’exige une droite contenue dans les deux plans.

7. Comparer des plans confondus : deux paramètres libres

Considérez maintenant x+y+z=4x+y+z=4 et 2x+2y+2z=82x+2y+2z=8. Soustraire deux fois la première ligne de la deuxième donne [11140000].\left[\begin{array}{rrr|r}1&1&1&4\\0&0&0&0\end{array}\right]. La deuxième équation n’ajoute aucune restriction : elle vaut deux fois la première. Les équations sont dépendantes et les deux plans sont confondus. Choisissez y=sy=s et z=tz=t, où ss et tt sont deux paramètres réels choisis indépendamment. Alors (x,y,z)=(4−s−t,s,t),s,t∈R.\begin{gathered}(x,y,z)=(4-s-t,s,t),\\s,t\in\mathbb R.\end{gathered} Deux coordonnées sont libres; les points communs remplissent donc un plan. Une ligne nulle ne signifie pas automatiquement que la solution est une droite. Comptez les variables libres après avoir vérifié que le système est compatible, c’est-à-dire qu’il possède au moins une solution.

8. Comparer des plans parallèles : une contradiction

Changez seulement la deuxième constante : x+y+z=4x+y+z=4 et 2x+2y+2z=92x+2y+2z=9. La même opération donne [11140001].\left[\begin{array}{rrr|r}1&1&1&4\\0&0&0&1\end{array}\right]. La dernière ligne signifie 0=10=1, ce qui est impossible. Doubler la première équation donne une constante de 8, et non de 9. Les normales sont parallèles, mais les plans occupent des positions différentes : ils n’ont aucun point commun. Le système est incompatible. Pour savoir si des plans sont confondus, comparez les constantes aussi bien que les coefficients.

9. Utiliser la géométrie pour vérifier la conclusion

Pour exactement deux véritables plans de l’espace à trois dimensions, trois situations sont possibles : deux plans non parallèles se coupent suivant une droite; deux plans confondus ont tout un plan en commun; deux plans parallèles distincts n’ont aucun point commun. Ils ne peuvent pas avoir un seul point commun. Dans la matrice, ces cas correspondent respectivement à un système compatible avec une variable libre, à un système compatible avec deux variables libres et à une contradiction. Ces conclusions concernent deux équations de plans; ajouter une troisième équation peut changer l’ensemble des solutions.

Trois exercices corrigés

1. Pratique guidée : trouver une autre droite d’intersection

Pour des coordonnées réelles x,y,zx,y,z, trouvez tous les points communs à x+y+z=3x+y+z=3 et x+2y+z=5x+2y+z=5. Écrivez la matrice augmentée dans l’ordre x,y,zx,y,z, commencez par R2←R2−R1R_2\leftarrow R_2-R_1 et exprimez la solution en posant z=tz=t, où tt est un réel quelconque. Expliquez pourquoi la réponse est une droite, puis vérifiez-la dans les deux équations initiales.

Voir la solution expliquée

La matrice augmentée se réduit ainsi : [11131215].\left[\begin{array}{rrr|r}1&1&1&3\\1&2&1&5\end{array}\right]. L’opération R2←R2−R1R_2\leftarrow R_2-R_1 donne [11130102].\left[\begin{array}{rrr|r}1&1&1&3\\0&1&0&2\end{array}\right]. Ensuite, R1←R1−R2R_1\leftarrow R_1-R_2 donne [10110102].\left[\begin{array}{rrr|r}1&0&1&1\\0&1&0&2\end{array}\right]. On a donc x+z=1x+z=1 et y=2y=2. La colonne de zz n’a pas de pivot; on choisit z=tz=t. La solution complète est (x,y,z)=(1−t,2,t)=(1,2,0)+t(−1,0,1),t∈R.\begin{gathered}(x,y,z)=(1-t,2,t)\\=(1,2,0)+t(-1,0,1),\\t\in\mathbb R.\end{gathered} Le vecteur directeur (−1,0,1)(-1,0,1) est non nul et il reste un paramètre réel libre : l’ensemble est une droite. Pour tout tt, les membres de gauche des équations initiales deviennent (1−t)+2+t=3(1-t)+2+t=3 et (1−t)+2(2)+t=5(1-t)+2(2)+t=5. Les deux vérifications sont satisfaites.

2. Comparer les cas : quand les plans sont-ils confondus?

Considérez x−2y+z=1x-2y+z=1 et 3x−6y+3z=k3x-6y+3z=k, où x,y,zx,y,z sont des coordonnées réelles et kk est un nombre réel fixé qui précise le deuxième plan. Déterminez les points communs lorsque k=3k=3, puis lorsque k≠3k\ne3. S’il existe des solutions, décrivez-les toutes et indiquez combien de paramètres libres sont nécessaires.

Voir la solution expliquée

Soustrayez trois fois la première ligne de la deuxième : [1−2113−63k].\left[\begin{array}{rrr|r}1&-2&1&1\\3&-6&3&k\end{array}\right]. On obtient la matrice [1−211000k−3].\left[\begin{array}{rrr|r}1&-2&1&1\\0&0&0&k-3\end{array}\right]. Si k=3k=3, la dernière ligne signifie 0=00=0 et les plans sont confondus. Choisissez indépendamment deux réels s,ts,t, posez y=sy=s, z=tz=t et isolez xx dans la première équation : (x,y,z)=(1+2s−t,s,t).\begin{gathered}(x,y,z)\\=(1+2s-t,s,t).\end{gathered} Le premier membre de gauche vaut 1+2s−t−2s+t=11+2s-t-2s+t=1; le deuxième vaut trois fois ce résultat, donc 3. Deux paramètres libres décrivent tout le plan commun. Si k≠3k\ne3, la dernière ligne affirme 0=k−30=k-3 avec un membre de droite non nul : il n’y a aucune solution. Les plans sont parallèles et distincts. Ici, kk fixe le problème; s,ts,t décrivent ses solutions lorsque k=3k=3.

3. Aller plus loin : couper la droite par un troisième plan

Reprenez P1: x+y+z=4P_1:\ x+y+z=4 et P2: 2x+y−z=5P_2:\ 2x+y-z=5. Ajoutez P3: x+y+(1+a)z=bP_3:\ x+y+(1+a)z=b, où a,ba,b sont des réels fixés qui précisent le troisième plan. Utilisez la droite d’intersection connue (x,y,z)=(1+2t,3−3t,t)(x,y,z)=(1+2t,3-3t,t) pour déterminer quand les trois plans ont un point, une droite ou aucun point en commun. Ne divisez pas par aa avant de vérifier s’il est nul. Comme vérification numérique, résolvez le cas a=2, b=6a=2,\ b=6.

Voir la solution expliquée

En remplaçant les coordonnées de la droite dans P3P_3, on obtient (1+2t)+(3−3t)+(1+a)t=4+at=b,\begin{gathered}(1+2t)+(3-3t)\\{}+(1+a)t=4+at=b,\end{gathered} donc at=b−4at=b-4. Le lien avec la matrice est direct : partez des trois lignes initiales, effectuez les opérations précédentes sur les lignes 1 et 2, puis faites R3←R3−R1−R2R_3\leftarrow R_3-R_1-R_2. Cette dernière notation abrège deux opérations successives : soustraire la ligne 1 courante, puis la ligne 2 courante. On obtient [10−21013300ab−4].\left[\begin{array}{rrr|r}1&0&-2&1\\0&1&3&3\\0&0&a&b-4\end{array}\right]. Si a≠0a\ne0, la troisième ligne fixe t=z=(b−4)/at=z=(b-4)/a. Il y a donc exactement un point commun, que l’on trouve en remplaçant tt par cette valeur dans la droite connue. Si a=0a=0 et b=4b=4, la troisième ligne signifie 0=00=0 : P3P_3 est le même plan que P1P_1, donc toute la droite initiale reste solution. Si a=0a=0 et b≠4b\ne4, la troisième ligne est contradictoire et il n’y a aucun point commun. Pour a=2, b=6a=2,\ b=6, on a t=1t=1, d’où (3,0,1)(3,0,1). Vérifications directes : 3+0+1=43+0+1=4, 2(3)+0−1=52(3)+0-1=5 et 3+0+3(1)=63+0+3(1)=6.

Au prochain problème, reliez les équations des plans, les lignes réduites et l’ensemble géométrique des solutions. Précisez les valeurs permises de chaque paramètre libre, puis vérifiez votre réponse dans les équations initiales.

Exemples originaux Nablio pour réviser les notions du cours; il ne s’agit pas de questions d’examen officielles.

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