Guide de pratique indépendant

Sous-espaces, espace engendré et indépendance : exercices corrigés

Justifiez les sous-espaces, l’espace engendré et l’indépendance. Six exercices progressifs avec un exemple résolu, des indices et des solutions expliquées.

Nablio · 6 questionsPublié le

Six exercices avec un exemple résolu, des indices et des solutions expliquées. Apprenez à démontrer qu’un ensemble est un sous-espace, à construire un contre-exemple quand il ne l’est pas, puis à justifier vos réponses sur l’espace engendré et l’indépendance linéaire.

Commencez par l’exemple résolu, puis essayez chaque exercice avant d’ouvrir son indice. Les exercices 1 à 5 utilisent un même ensemble de vecteurs; le sixième propose un prolongement facultatif du raisonnement. Il faut connaître l’addition des vecteurs, la multiplication par un réel et la résolution d’équations simples.

Les définitions à utiliser dans vos réponses

On travaille sur les nombres réels. L’espace Rn\mathbb R^n est formé de vecteurs à nn coordonnées réelles, avec l’addition et la multiplication par un scalaire usuelles, coordonnée par coordonnée. Un scalaire est un nombre réel, qui peut être négatif ou fractionnaire. Toutes les coordonnées du vecteur nul 0\mathbf0 valent zéro. Les coordonnées sont présentées en ligne ou en colonne; ces deux écritures décrivent les mêmes vecteurs.

Comment démontrer qu’un ensemble est un sous-espace?

Un sous-ensemble SS de Rn\mathbb R^n est un sous-espace vectoriel s’il contient 0\mathbf0 et s’il est stable par addition et par multiplication par un scalaire. « Stable » signifie que le résultat appartient encore à l’ensemble.

On peut regrouper les deux vérifications de stabilité : après avoir vérifié 0∈S\mathbf0\in S, on prend des vecteurs quelconques a,b∈Sa,b\in S et des réels quelconques α,β\alpha,\beta, puis on démontre que αa+βb∈S\alpha a+\beta b\in S. Le choix α=β=1\alpha=\beta=1 vérifie l’addition, et le choix β=0\beta=0 vérifie la multiplication par un scalaire. La présence de zéro exclut aussi l’ensemble vide.

Pour montrer qu’un ensemble n’est pas un sous-espace, une seule condition qui échoue suffit. Pour un contre-exemple à la stabilité par addition, vérifiez que les deux vecteurs de départ appartiennent à l’ensemble, mais que leur somme n’y appartient pas. Pour la multiplication par un scalaire, vérifiez l’appartenance du vecteur initial, puis la non-appartenance du multiple choisi. Quelques exemples réussis ne démontrent pas une propriété exigée pour tous les choix.

Que demandent l’espace engendré et l’indépendance?

  • Une combinaison linéaire de v1,…,vkv_1,\ldots,v_k s’écrit c1v1+⋯+ckvkc_1v_1+\cdots+c_kv_k, avec des coefficients réels cic_i.
  • L’espace engendré, noté ici Vect⁡\operatorname{Vect}, est l’ensemble de toutes ces combinaisons. Pour prouver qu’il est égal à un ensemble donné, expliquez pourquoi toute combinaison appartient à cet ensemble et pourquoi tout vecteur de cet ensemble peut être obtenu.
  • La famille est linéairement indépendante si c1v1+⋯+ckvk=0c_1v_1+\cdots+c_kv_k=\mathbf0 impose ci=0c_i=0 pour chaque ii. Elle est dépendante s’il existe une combinaison nulle dont les coefficients ne sont pas tous nuls.
  • Une base d’un espace est une famille indépendante qui engendre cet espace. Précisez toujours l’espace : une base d’un plan n’engendre pas nécessairement tout l’espace ambiant.

Une réponse utile nomme la définition pertinente, fournit le raisonnement général ou le contre-exemple nécessaire, puis indique précisément ce qui a été démontré.

Exemple résolu : une droite passant par l’origine

L’ensemble H={(t,−t):t∈R}H=\{(t,-t):t\in\mathbb R\} est-il un sous-espace de R2\mathbb R^2?

Commencer par zéro. Le choix t=0t=0 donne (0,0)∈H(0,0)\in H.

Prendre des éléments quelconques. Écrivons a=(s,−s)a=(s,-s) et b=(t,−t)b=(t,-t), où s,ts,t sont des réels quelconques. Pour tous réels α,β\alpha,\beta,

αa+βb=(r,−r),r=αs+βt.\begin{aligned}\alpha a+\beta b&=(r,-r),\\r&=\alpha s+\beta t.\end{aligned}

Le résultat a la forme demandée (r,−r)(r,-r), avec le paramètre réel r=αs+βtr=\alpha s+\beta t. La combinaison appartient donc à HH, et HH est un sous-espace.

La phrase « a la forme demandée » relie le calcul à la conclusion. En comparaison, K={(t,1−t):t∈R}K=\{(t,1-t):t\in\mathbb R\} échoue immédiatement : la somme des coordonnées de chaque vecteur de KK vaut 1, tandis que celle de (0,0)(0,0) vaut 0. Cette droite translatée n’est pas un sous-espace.

1. Démontrer la stabilité avec des vecteurs quelconques

Soit WW l’ensemble des vecteurs x∈R4x\in\mathbb R^4 qui satisfont les deux équations :

x2=x1+x3,x4=2x1−x3.\begin{aligned}x_2&=x_1+x_3,\\x_4&=2x_1-x_3.\end{aligned}

Une personne vérifie que 0∈W\mathbf0\in W, essaie deux sommes particulières, puis conclut que WW est un sous-espace. Expliquez ce qui manque, puis rédigez une démonstration complète avec des vecteurs et des coefficients réels quelconques. Vérifiez les deux équations qui définissent l’ensemble.

Indice pour l’exercice 1

Prenez a,b∈Wa,b\in W, posez c=αa+βbc=\alpha a+\beta b, et utilisez ci=αai+βbic_i=\alpha a_i+\beta b_i. Pouvez-vous réécrire c2c_2 sous la forme c1+c3c_1+c_3, puis c4c_4 sous la forme 2c1−c32c_1-c_3?

Solution complète de l’exercice 1

Les sommes réussies ne vérifient que certains cas. La stabilité doit être valable pour toute paire d’éléments et pour tout scalaire réel.

Le vecteur nul satisfait les deux équations. Prenons maintenant des vecteurs quelconques a,b∈Wa,b\in W et des réels quelconques α,β\alpha,\beta, puis posons c=αa+βbc=\alpha a+\beta b. Comme a,b∈Wa,b\in W,

c2=α(a1+a3)+β(b1+b3)=c1+c3,\begin{aligned}c_2&=\alpha(a_1+a_3)\\&\quad+\beta(b_1+b_3)\\&=c_1+c_3,\end{aligned}

c4=α(2a1−a3)+β(2b1−b3)=2c1−c3.\begin{aligned}c_4&=\alpha(2a_1-a_3)\\&\quad+\beta(2b_1-b_3)\\&=2c_1-c_3.\end{aligned}

Les deux équations requises sont satisfaites, donc c∈Wc\in W. Avec la présence du vecteur nul, cela démontre que WW est un sous-espace.

Erreur fréquente : supposer que c∈Wc\in W avant d’avoir vérifié ses équations. Cette appartenance est précisément la conclusion à établir.

Si vous avez bloqué : reprenez l’exemple résolu. Remplacez sa condition sur un paramètre par les deux conditions qui définissent WW, puis précisez où chacune intervient.

2. Trouver un contre-exemple malgré la présence de zéro

Conservons WW de l’exercice 1, mais imposons une restriction supplémentaire :

D={x∈W:x12+x32≤1}.D=\{x\in W:x_1^2+x_3^2\leq1\}.

L’ensemble DD est-il encore un sous-espace? Vérifiez la présence de zéro, puis trouvez un contre-exemple à la stabilité par multiplication par un scalaire. Utilisez le même vecteur pour tester l’addition. Nommez les conditions qui échouent.

Indice pour l’exercice 2

Essayez e=(1,1,0,2)e=(1,1,0,2). Vérifiez d’abord toutes les conditions de e∈De\in D. Que devient x12+x32x_1^2+x_3^2 lorsqu’on double ce vecteur?

Solution complète de l’exercice 2

Le vecteur nul appartient à WW et donne 02+02=0≤10^2+0^2=0\leq1, donc il appartient à DD.

Pour e=(1,1,0,2)e=(1,1,0,2), les équations de WW donnent 1=1+01=1+0 et 2=2(1)−02=2(1)-0. De plus, 12+02=11^2+0^2=1, donc e∈De\in D.

En revanche, 2e=(2,2,0,4)2e=(2,2,0,4) donne 22+02=4>12^2+0^2=4>1. Ainsi, 2e∉D2e\notin D, même si 2e∈W2e\in W. La stabilité par multiplication par un scalaire échoue. Puisque e+e=2ee+e=2e, la stabilité par addition échoue aussi : les deux vecteurs additionnés appartiennent à DD, mais leur somme n’y appartient pas. Donc DD n’est pas un sous-espace.

Erreur fréquente : s’arrêter après la vérification du vecteur nul, ou choisir un vecteur initial qui n’appartient pas à DD. Il faut vérifier la restriction supplémentaire aussi bien que les équations de WW.

Si vous avez bloqué : revenez à la méthode du contre-exemple et écrivez trois lignes : appartenance initiale, opération, puis non-appartenance du résultat. Une seule condition de stabilité qui échoue suffisait; cet exemple en fournit deux.

3. Prouver que l’espace engendré est exactement l’ensemble

Pour le même WW, posons

u=(1,1,0,2),v=(0,1,1,−1).\begin{aligned}u&=(1,1,0,2),\\v&=(0,1,1,-1).\end{aligned}

  1. Démontrez W=Vect⁡{u,v}W=\operatorname{Vect}\{u,v\}, dans les deux sens.
  2. Déterminez si p=(2,1,−1,5)p=(2,1,-1,5) et q=(2,1,−1,4)q=(2,1,-1,4) appartiennent à cet espace engendré. Donnez des coefficients quand c’est possible et une justification quand c’est impossible.
Indice pour l’exercice 3

Développez su+rvsu+rv. Dans l’autre sens, prenez un vecteur quelconque x∈Wx\in W et utilisez x1,x3x_1,x_3 comme coefficients. Vérifier seulement la première équation de WW ne suffit pas pour conclure à l’appartenance.

Solution complète de l’exercice 3

Toute combinaison linéaire prend la forme

su+rv=(s,s+r,r,2s−r).\begin{gathered}su+rv\\=(s,s+r,r,2s-r).\end{gathered}

Sa deuxième coordonnée est la somme de la première et de la troisième, et sa quatrième est deux fois la première moins la troisième. Toute combinaison appartient donc à WW : Vect⁡{u,v}⊆W\operatorname{Vect}\{u,v\}\subseteq W.

Réciproquement, si x∈Wx\in W, les équations qui le définissent donnent

x=(x1x1+x3x32x1−x3).x=\begin{pmatrix}x_1\\x_1+x_3\\x_3\\2x_1-x_3\end{pmatrix}.

x=x1u+x3v.x=x_1u+x_3v.

Tout élément de WW appartient donc à l’espace engendré. Ces deux inclusions établissent l’égalité.

Pour pp, prenons les coefficients 2 et −1-1 :

2u−v=(2,1,−1,5)=p.\begin{aligned}2u-v&=(2,1,-1,5)\\&=p.\end{aligned}

Le vecteur qq satisfait la condition sur sa deuxième coordonnée, mais sa quatrième devrait valoir 2(2)−(−1)=52(2)-(-1)=5, et non 4. Ainsi, q∉Wq\notin W et ne peut être une combinaison de u,vu,v.

Erreur fréquente : montrer que les deux vecteurs générateurs appartiennent à WW, puis s’arrêter. Comme WW est un sous-espace, cela prouve que leur espace engendré est contenu dans WW; il reste à montrer que tous les vecteurs de WW peuvent être obtenus.

Si vous avez bloqué : révisez les combinaisons linéaires et l’espace engendré. Pour un exemple géométrique à trois coordonnées, consultez quand trois vecteurs n’engendrent qu’un plan.

4. Distinguer l’indépendance deux à deux de celle de la famille

Conservons u,vu,v et ajoutons w=u−2v=(1,−1,−2,4)w=u-2v=(1,-1,-2,4). Une personne affirme : « Aucun vecteur n’est un multiple d’un autre, donc les trois vecteurs sont indépendants. »

Déterminez si la famille de trois vecteurs est indépendante. Vérifiez ensuite l’indépendance de chaque paire et expliquez pourquoi ces vérifications deux à deux ne règlent pas la question initiale.

Indice pour l’exercice 4

Ramenez tous les termes de w=u−2vw=u-2v du même côté. Pour chaque paire, partez d’une combinaison égale au vecteur nul et examinez les coordonnées 1 et 3.

Solution complète de l’exercice 4

La relation

u−2v−w=0u-2v-w=\mathbf0

a pour coefficients (1,−2,−1)(1,-2,-1), qui ne sont pas tous nuls. La famille de trois vecteurs est dépendante.

Les paires sont pourtant indépendantes :

  • Pour au+bv=0au+bv=\mathbf0, les coordonnées 1 et 3 donnent a=0a=0 et b=0b=0.
  • Pour au+bw=0au+bw=\mathbf0, elles donnent a+b=0a+b=0 et −2b=0-2b=0, donc a=b=0a=b=0.
  • Pour av+bw=0av+bw=\mathbf0, elles donnent b=0b=0 et a−2b=0a-2b=0, ce qui impose encore deux coefficients nuls.

L’indépendance deux à deux exclut une relation non triviale limitée à une paire. Elle n’exclut pas une relation faisant intervenir les trois vecteurs. La paire (u,v)(u,v) est une base de WW, grâce à l’indépendance établie ici et à la propriété génératrice de l’exercice 3. Ajouter ww conserve l’espace engendré et rend la famille dépendante.

Erreur fréquente : remplacer « la seule combinaison nulle est la combinaison triviale » par « les vecteurs sont différents ». Une relation non triviale exige aussi qu’au moins un coefficient soit non nul; elle n’exige pas que tous le soient.

Si vous avez bloqué : reprenez la définition de l’indépendance, puis la vérification à deux vecteurs du guide de base. Écrivez l’équation d’une combinaison nulle avant de juger la famille.

5. Traiter les valeurs qui changent la famille génératrice

Pour chaque réel tt, remplaçons u,vu,v par

at=u+tv,bt=tu+v.\begin{aligned}a_t&=u+tv,\\b_t&=tu+v.\end{aligned}

Pour quelles valeurs de tt la paire (at,bt)(a_t,b_t) est-elle indépendante? Pour quelles valeurs engendre-t-elle WW? Justifiez vos réponses. Lorsqu’elle engendre WW, exprimez un vecteur quelconque Au+BvAu+Bv sous la forme cat+dbtca_t+db_t. Traitez les valeurs exceptionnelles avant de diviser.

Indice pour l’exercice 5

Utilisez l’indépendance déjà établie de u,vu,v pour identifier leurs coefficients. Vous devriez obtenir c+td=Ac+td=A et tc+d=Btc+d=B. Soustrayez tt fois la première équation de la seconde.

Solution complète de l’exercice 5

En développant, on obtient

cat+dbt=(c+td)u+(tc+d)v.\begin{aligned}ca_t+db_t&=(c+td)u\\&\quad+(tc+d)v.\end{aligned}

Cas t∉{−1,1}t\notin\{-1,1\}. Une combinaison nulle impose c+td=0c+td=0 et tc+d=0tc+d=0, puisque u,vu,v sont indépendants. La soustraction donne (1−t2)d=0(1-t^2)d=0. Ce facteur est non nul, donc d=0d=0, puis c=0c=0. La paire (at,bt)(a_t,b_t) est indépendante.

Pour une cible quelconque Au+Bv∈WAu+Bv\in W, résolvons les mêmes équations avec les seconds membres A,BA,B :

c=A−tB1−t2,d=B−tA1−t2.\begin{aligned}c&=\frac{A-tB}{1-t^2},\\d&=\frac{B-tA}{1-t^2}.\end{aligned}

Ces coefficients existent pour tous réels A,BA,B. En les substituant, on retrouve c+td=Ac+td=A et tc+d=Btc+d=B. La paire engendre donc WW et en est une base.

Cas t=1t=1. Les deux vecteurs sont égaux à u+vu+v. La relation a1−b1=0a_1-b_1=\mathbf0 prouve la dépendance, et l’espace engendré est la droite Vect⁡{u+v}\operatorname{Vect}\{u+v\}.

Cas t=−1t=-1. On a a−1=u−va_{-1}=u-v et b−1=−(u−v)b_{-1}=-(u-v). La relation a−1+b−1=0a_{-1}+b_{-1}=\mathbf0 prouve la dépendance, et l’espace engendré est Vect⁡{u−v}\operatorname{Vect}\{u-v\}.

Aucune de ces droites n’est tout WW. Par exemple, si u=s(u+v)u=s(u+v) ou u=s(u−v)u=s(u-v), l’identification du coefficient de vv impose s=0s=0, tandis que celle du coefficient de uu impose s=1s=1, une contradiction. La paire est donc indépendante et engendre WW exactement lorsque t≠±1t\ne\pm1.

Erreur fréquente : diviser par 1−t21-t^2 en oubliant les valeurs qui l’annulent. Une autre erreur consiste à conclure « engendre R4\mathbb R^4 » alors que le calcul permet seulement d’atteindre WW. Toute combinaison satisfait encore les deux contraintes de WW.

Si vous avez bloqué : révisez la résolution et la vérification d’un système. Si les équations étaient faciles, mais leur sens moins clair, revenez à l’espace engendré de l’exercice 3 et à l’indépendance de l’exercice 4.

6. Prolongement facultatif : expliquer l’unicité des coefficients

Cet exercice transforme les exemples concrets en un raisonnement général sur des vecteurs de Rn\mathbb R^n. Essayez-le après les exercices 1 à 5 si votre travail demandé comprend des justifications valables pour des familles quelconques.

Soient n,kn,k des entiers strictement positifs, v1,…,vk∈Rnv_1,\ldots,v_k\in\mathbb R^n et un vecteur bb dont on sait qu’il appartient à leur espace engendré. Démontrez que cette famille est indépendante si et seulement si bb possède une unique représentation utilisant ces vecteurs dans l’ordre indiqué.

Revenez ensuite à p=2u−vp=2u-v et à la famille dépendante (u,v,w)(u,v,w) de l’exercice 4. Trouvez toutes les listes de coefficients qui représentent pp. Expliquez ce qui change pour une cible située hors de l’espace engendré.

Indice pour l’exercice 6

Soustrayez deux représentations d’une même cible. Pour le sens réciproque, ajoutez une combinaison nulle non triviale à une représentation existante. Dans la partie numérique, choisissez librement le coefficient de ww, puis remplacez ww par u−2vu-2v.

Solution complète de l’exercice 6

L’indépendance donne l’unicité. Supposons que

b=c1v1+⋯+ckvk,b=d1v1+⋯+dkvk.\begin{aligned}b&=c_1v_1+\cdots+c_kv_k,\\b&=d_1v_1+\cdots+d_kv_k.\end{aligned}

En soustrayant, on obtient

0=(c1−d1)v1+⋯+(ck−dk)vk.\begin{aligned}\mathbf0&=(c_1-d_1)v_1+\cdots\\&\quad+(c_k-d_k)v_k.\end{aligned}

L’indépendance impose ci−di=0c_i-d_i=0 pour chaque ii; les listes de coefficients sont donc identiques. L’existence était assurée par l’appartenance de bb à l’espace engendré.

Une représentation unique donne l’indépendance. Si la famille était dépendante, il existerait des coefficients h1,…,hkh_1,\ldots,h_k, non tous nuls, tels que h1v1+⋯+hkvk=0h_1v_1+\cdots+h_kv_k=\mathbf0. Ajouter cette relation à la représentation de coefficients cic_i en donne une deuxième, de coefficients ci+hic_i+h_i. Au moins un coefficient change, ce qui contredit l’unicité. La famille est donc indépendante.

En fait, faire varier ss dans les réels et ajouter s(h1,…,hk)s(h_1,\ldots,h_k) à une même liste de coefficients produit une infinité de représentations distinctes lorsqu’une relation non triviale existe.

Pour la famille concrète, notons rr le coefficient de ww. Puisque

cu+dv+rw=(c+r)u+(d−2r)v,\begin{aligned}&cu+dv+rw\\&=(c+r)u\\&\quad+(d-2r)v,\end{aligned}

l’indépendance de u,vu,v montre que cette combinaison vaut p=2u−vp=2u-v exactement lorsque c+r=2c+r=2 et d−2r=−1d-2r=-1. Toutes les représentations sont donc

p=(2−r)u+(−1+2r)v+rw,r∈R.\begin{aligned}p&=(2-r)u\\&\quad+(-1+2r)v+rw,\\r&\in\mathbb R.\end{aligned}

Par exemple, r=0r=0 donne 2u−v2u-v, tandis que r=1r=1 donne u+v+wu+v+w. Les deux combinaisons valent (2,1,−1,5)(2,1,-1,5). Le raisonnement montre aussi qu’aucune autre liste de coefficients n’a été oubliée.

Une cible hors de l’espace engendré n’a aucune représentation. C’est pourquoi l’énoncé supposait que bb appartenait à cet espace. L’unicité concerne les coefficients relativement à la famille ordonnée indiquée; changer la famille peut changer les coordonnées d’un même vecteur.

Erreur fréquente : démontrer un seul sens du « si et seulement si », ou confondre plusieurs listes de coefficients avec plusieurs vecteurs cibles.

Si vous avez bloqué : reprenez l’exemple résolu qui distingue existence et unicité. Soustrayez d’abord deux représentations concrètes, puis répétez le raisonnement avec des symboles.

Liens avec les cours et prochaines étapes

MATH 133 à McGill : la description actuelle du département comprend les espaces vectoriels, la dépendance et l’indépendance linéaires, et les bases. MAT223H1 à U of T : la description officielle comprend les sous-espaces et leurs translatés, ainsi que les bases dans les espaces de coordonnées réelles. Les exercices 1 à 5 travaillent ces notions communes; le sixième étend le raisonnement à une famille quelconque. MAT223H1 ne met pas l’accent sur les démonstrations : considérez donc ce prolongement général comme un enrichissement, sauf si votre section le demande. Choisissez les exercices à partir du plan actuel de votre section et du travail demandé.

Pour poursuivre les calculs, essayez les exercices sur les systèmes, matrices et vecteurs. Une fois les bases bien comprises, passez aux changements de coordonnées avec l’exemple résolu de MAT223H1.

Ce qu’un tuteur peut vous aider à vérifier

Apportez une tentative de démonstration ou de contre-exemple. Un tuteur peut vérifier que les vecteurs initiaux appartiennent réellement à l’ensemble, vous demander quelle condition de stabilité votre calcul teste et repérer où le raisonnement exige un vecteur quelconque plutôt qu’un exemple choisi. Pour l’espace engendré et l’indépendance, il peut vous aider à distinguer existence et unicité, puis vous faire expliquer la conclusion avec vos propres mots. Consultez le tutorat pour MATH 133 ou l’aide pour MAT223H1; pour MAT223H1, les sujets couverts et les disponibilités sont confirmés avant la réservation.

Conception des exercices et sources

Les questions et les solutions ont été rédigées pour cette leçon. Les archives de l’enseignant pour MATH 133 à l’été 2022 et à l’été 2023 ont orienté l’accent mis sur les justifications, les définitions et la vérification des contre-exemples. Elles donnent des exemples historiques de raisonnements évalués, sans établir le format ni la pondération d’un examen actuel.

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