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Lois de Faraday et de Lenz : flux, signes et sens du courant

Déterminez le sens du courant induit à partir du flux variable. Quatre cas, schémas, graphiques et six exercices corrigés, avec un prolongement facultatif par dérivées.

Nablio · 6 questionsPublié le

Un champ magnétique peut être intense alors que le courant induit est nul. Un courant peut aussi garder le même sens pendant que le champ extérieur change de direction. Ce qui détermine la réponse, c’est la variation du flux magnétique à travers la boucle.

Commencez par les quatre cas de direction ci-dessous : ils ne demandent aucun calcul différentiel. Reliez ensuite les schémas au flux algébrique, aux angles et aux pentes des graphiques. Le dernier exemple résolu et la question 6 constituent un prolongement facultatif avec dérivées.

Avant de commencer : revoyez la règle de la main droite pour une boucle de courant, les unités d’aire et la pente d’une droite. La convention de signe sera expliquée au fil de la leçon. Tous les exemples, schémas et exercices proposés ici sont originaux.

1. Trouver le sens sans dériver

Imaginez une boucle conductrice fermée posée à plat sur cette page. Vous regardez la page de face. « Sortant de la page » signifie vers vous; « entrant dans la page » signifie en s’éloignant de vous. Un point représente la pointe d’une flèche dirigée vers vous. Une croix représente l’arrière d’une flèche qui s’éloigne.

Gardons l’aire et l’orientation de la boucle fixes, dans un champ extérieur uniforme et perpendiculaire à son plan. Les sens ci-dessous concernent une boucle résistive dont l’auto-inductance est négligeable : son courant suit donc la f.é.m. induite. Nous utilisons le courant conventionnel, dans le sens où se déplaceraient des charges positives.

La loi de Lenz demande quel effet aurait le champ créé par le courant induit sur la variation du flux. Un champ sortant qui augmente appelle un champ induit entrant. Un champ sortant qui diminue appelle un champ induit sortant : la réponse s’oppose à la diminution.

  1. Champ extérieur sortant, de plus en plus intense : champ induit entrant; courant horaire.
  2. Champ extérieur sortant, de moins en moins intense : champ induit sortant; courant antihoraire.
  3. Champ extérieur entrant, de plus en plus intense : champ induit sortant; courant antihoraire.
  4. Champ extérieur entrant, de moins en moins intense : champ induit entrant; courant horaire.
Quatre boucles vues de face. Un champ sortant croissant donne un courant horaire; un champ sortant décroissant donne un courant antihoraire; un champ entrant croissant donne un courant antihoraire; un champ entrant décroissant donne un courant horaire. Les points et croix bleus représentent le champ extérieur; les flèches orange représentent le courant.
Le point de vue reste le même dans les quatre schémas. « Croissant » et « décroissant » désignent ici l’intensité du champ.

Pour vérifier avec la main droite, pointez le pouce dans le sens du champ induit. Vos doigts repliés donnent le sens du courant conventionnel. Pouce vers vous : courant antihoraire. Pouce à l’opposé de vous : courant horaire.

Formulez la raison complète : « Le flux entrant diminue; le champ induit est donc entrant pour s’opposer à cette diminution. Vu de face, le courant est horaire. » Dire « il s’oppose au champ » donnerait ici le mauvais résultat. La réponse n’annule pas nécessairement le champ appliqué et n’arrête pas complètement sa variation.

Si la boucle, son orientation et le champ extérieur restent tous inchangés, aucune f.é.m. n’est induite. Une boucle ouverte peut tout de même présenter une f.é.m. induite, sans courant de conduction circulant de façon soutenue. Les réponses donnant un courant dans cette leçon supposent un circuit fermé.

2. Choisir une normale et le bon angle

Une normale est une direction perpendiculaire à une surface. Choisissez un côté positif de la boucle et dessinez le vecteur unitaire normal n^\hat{\mathbf n} vers ce côté. Pour une boucle plane dans un champ magnétique uniforme :

ΦB=BAcos⁡θ\Phi_B=BA\cos\theta

  • BB est l’intensité du champ extérieur, en teslas (T\mathrm T).
  • AA est l’aire délimitée par une spire, en mètres carrés (m2\mathrm{m^2}).
  • θ\theta est l’angle entre la normale choisie et le champ, de 0∘0^\circ à 180∘180^\circ.
  • ΦB\Phi_B est le flux magnétique algébrique à travers une spire, en webers : 1 Wb=1 T m21\,\mathrm{Wb}=1\,\mathrm T\,\mathrm{m^2}.

Seule la composante suivant la normale compte. Un champ dirigé selon la normale positive donne +BA+BA; un champ de sens opposé donne −BA-BA. Un champ parallèle au plan donne un flux nul, même s’il est intense. Ce produit simple suppose un champ uniforme sur l’aire; pour un champ non uniforme, il faut additionner les contributions des différentes parties de la surface.

Exemple résolu 1 : 30° avec le plan, c’est 60° avec la normale

Une boucle rectangulaire mesure 0,20 m0{,}20\,\mathrm m sur 0,15 m0{,}15\,\mathrm m. Un champ uniforme de 0,40 T0{,}40\,\mathrm T fait un angle de 30∘30^\circ avec son plan et pointe vers le côté positif choisi. Trouvez le flux.

Vue de profil : le plan de la boucle est une ligne horizontale. La normale choisie pointe vers le haut. Le champ magnétique pointe vers le haut et la droite, à 30 degrés du plan et à 60 degrés de la normale.
Les deux angles indiqués totalisent 90°. La formule avec le cosinus utilise l’angle avec la normale.

A=(0,20)(0,15)=0,030 m2A=(0{,}20)(0{,}15)=0{,}030\,\mathrm{m^2}

θ=90∘−30∘=60∘\theta=90^\circ-30^\circ=60^\circ

ΦB=(0,40)(0,030)cos⁡60∘\Phi_B=(0{,}40)(0{,}030)\cos60^\circ

ΦB=0,0060 Wb=6,0 mWb\Phi_B=0{,}0060\,\mathrm{Wb}=6{,}0\,\mathrm{mWb}

On peut aussi utiliser BAsin⁡30∘BA\sin30^\circ dans cette géométrie. Employer BAcos⁡30∘BA\cos30^\circ donnerait environ 10,4 mWb10{,}4\,\mathrm{mWb}, car on sélectionnerait la mauvaise composante.

Vérifiez les cas limites : si le champ est exactement dans le plan, l’angle avec la normale vaut 90∘90^\circ et le flux est nul. S’il suit la normale positive, le flux vaut 12 mWb12\,\mathrm{mWb}. Notre réponse est entre ces valeurs. Une seule valeur de flux ne détermine pas encore la f.é.m. : il faut savoir comment le flux évolue dans le temps.

Changer de convention et tourner la boucle sont deux opérations différentes. Si vous remplacez simplement n^\hat{\mathbf n} par −n^-\hat{\mathbf n} sans modifier la boucle physique, le flux algébrique change de signe. Si vous faites réellement tourner la boucle dans un champ fixe, son flux peut varier dans le temps et produire une f.é.m.

3. Passer du flux variable à la f.é.m. algébrique

Après avoir choisi la normale, utilisez la main droite pour fixer le sens positif autour du fil. Si la normale pointe vers notre observateur de face, le sens positif est antihoraire. Une f.é.m. positive entraîne un courant dans ce sens dans le modèle résistif; une f.é.m. négative l’entraîne dans le sens horaire.

Pour une bobine de NN spires reliées en série, traversées chacune par le même flux ΦB\Phi_B, la loi de Faraday donne la force électromotrice induite moyenne sur un intervalle :

E‾=−NΦB,f−ΦB,itf−ti\overline{\mathcal E}=-N\frac{\Phi_{B,f}-\Phi_{B,i}}{t_f-t_i}

Ici, tit_i et tft_f sont les instants initial et final; ΦB,i\Phi_{B,i} et ΦB,f\Phi_{B,f} sont les flux par spire correspondants. La barre indique une moyenne temporelle.

Malgré son nom, la force électromotrice (f.é.m.) se mesure en volts, pas en newtons. Elle représente l’énergie transférée par unité de charge le long du circuit. Le produit NΦBN\Phi_B est le flux total couplé à la bobine. Si l’énoncé fournit déjà ce produit, ne multipliez pas de nouveau par NN.

Lorsqu’un graphique flux-temps est une droite sur un intervalle, sa pente est constante : ce calcul donne aussi la f.é.m. instantanée à l’intérieur de cet intervalle. Sur une portion courbe, il donne une moyenne temporelle; pour un instant précis, il faut la pente de la tangente.

  • Flux algébrique croissant : pente positive, f.é.m. négative.
  • Flux algébrique décroissant : pente négative, f.é.m. positive.
  • Flux algébrique constant : pente nulle, f.é.m. nulle, que le flux soit nul ou non.

Conservez le signe jusqu’à son interprétation en un sens. Pour la valeur absolue seulement, prenez ∣E∣|\mathcal E|. Vérification des unités : Wb/s=V\mathrm{Wb/s}=\mathrm V; une pente en mWb/s\mathrm{mWb/s} donne des millivolts par spire.

Quand peut-on utiliser courant = f.é.m. ÷ résistance?

Nos calculs de courant supposent un circuit fermé, purement résistif, de résistance totale R>0R>0, sans autre source de f.é.m., avec auto-inductance et effets capacitifs négligeables :

I=ERI=\frac{\mathcal E}{R}

Le courant algébrique utilise le même sens positif que la f.é.m. L’auto-inductance décrit la réponse d’une bobine aux variations de son propre courant. Si elle est importante, le courant peut être en retard sur la f.é.m. extérieure ou persister brièvement après son annulation. Alors I=Eext/RI=\mathcal E_{\mathrm{ext}}/R ne suffit pas à décrire le régime transitoire. Les conclusions de courant nul ci-dessous concernent notre approximation résistive, pas toutes les bobines réelles.

Dans les exemples suivants, ΦB\Phi_B désigne le flux du champ extérieur. Nous négligeons la contribution auto-induite de la bobine lorsque nous appliquons l’approximation résistive.

4. Lire un graphique flux-temps par morceaux

Exemple résolu 2 : la hauteur donne le flux; la pente donne la f.é.m.

Une bobine immobile possède 8080 spires, chacune d’aire 0,020 m20{,}020\,\mathrm{m^2}, et une résistance totale de 12 Ω12\,\Omega. Le champ extérieur est uniforme et perpendiculaire au plan de la bobine. Choisissez la normale sortant de la page et regardez de face. Le graphique donne le flux algébrique par spire; les points indiqués sont reliés par des segments de droite.

Flux par spire en milliwebers selon le temps en secondes. Des segments de droite relient les points (0,2), (2,8), (4,8), (5,moins 4) et (7,0).
Points : (0 s;2 mWb)(0\,\mathrm s;2\,\mathrm{mWb}), (2;8)(2;8), (4;8)(4;8), (5;−4)(5;-4), (7;0)(7;0), avec les mêmes unités partout.

De 0 à 2 s : pente positive

ΔΦBΔt=8−22−0=3 mWb/s\frac{\Delta\Phi_B}{\Delta t}=\frac{8-2}{2-0}=3\,\mathrm{mWb/s}

E=−80(3×10−3)=−0,240 V\mathcal E=-80(3\times10^{-3})=-0{,}240\,\mathrm V

I=−0,24012=−0,0200 AI=\frac{-0{,}240}{12}=-0{,}0200\,\mathrm A

Le courant vaut 20,0 mA20{,}0\,\mathrm{mA} dans le sens horaire. Le flux sortant augmente; le champ induit pointe donc vers l’intérieur de la page.

De 2 à 4 s : flux non nul, pente nulle

Le flux reste à 8 mWb8\,\mathrm{mWb}. Ainsi, E=0\mathcal E=0 et I=0I=0 dans notre modèle. Le champ extérieur vaut pourtant B=0,008/0,020=0,40 TB=0{,}008/0{,}020=0{,}40\,\mathrm T, vers l’extérieur. Une f.é.m. nulle n’implique pas un champ nul.

De 4 à 5 s : pente négative et passage par un flux nul

ΔΦBΔt=−4−85−4=−12 mWb/s\frac{\Delta\Phi_B}{\Delta t}=\frac{-4-8}{5-4}=-12\,\mathrm{mWb/s}

E=−80(−12×10−3)=+0,960 V\mathcal E=-80(-12\times10^{-3})=+0{,}960\,\mathrm V

I=0,96012=+0,0800 AI=\frac{0{,}960}{12}=+0{,}0800\,\mathrm A

Le courant vaut 80,0 mA80{,}0\,\mathrm{mA} dans le sens antihoraire sur tout cet intervalle ouvert. Au début, le champ sortant diminue; après le passage par un flux nul, le champ entrant augmente. Ces deux variations appellent un champ induit sortant. Le passage par un flux nul n’annule pas la f.é.m.

De 5 à 7 s : flux négatif et pente positive

ΔΦBΔt=0−(−4)7−5=2 mWb/s\frac{\Delta\Phi_B}{\Delta t}=\frac{0-(-4)}{7-5}=2\,\mathrm{mWb/s}

E=−80(2×10−3)=−0,160 V\mathcal E=-80(2\times10^{-3})=-0{,}160\,\mathrm V

I=−0,0133 AenvironI=-0{,}0133\,\mathrm A\quad\text{environ}

Le courant vaut environ 13,3 mA13{,}3\,\mathrm{mA} dans le sens horaire. Le champ extérieur entrant diminue; le champ induit pointe donc vers l’intérieur. Le seul signe du flux ne détermine pas celui de la f.é.m.

Aux angles du graphique : les pentes à gauche et à droite diffèrent pour t=2,4,5 st=2,4,5\,\mathrm s. Le graphique idéalisé n’y possède donc pas de dérivée unique. Nos réponses s’appliquent uniquement à l’intérieur des intervalles. Nous n’attribuons aucune f.é.m. instantanée à ces angles ni aux deux extrémités du graphique. Une transition physique se déroule sur une durée que ce modèle simplifié ne précise pas.

5. Calcul facultatif : un flux qui varie sans angle vif

Si les dérivées sont nouvelles pour vous, faites d’abord les questions 1 à 5. Pour ce prolongement, revoyez comment dériver un polynôme. Remplacez la pente d’un segment par le taux de variation instantané :

E(t)=−NdΦBdt\mathcal E(t)=-N\frac{d\Phi_B}{dt}

Exemple résolu 3 : f.é.m. nulle au sommet de la courbe de flux

Une bobine fixe de 5050 spires possède une aire de 0,020 m20{,}020\,\mathrm{m^2} par spire et une résistance totale de 5,0 Ω5{,}0\,\Omega. Le champ est uniforme et perpendiculaire à son plan. Gardez la normale sortante et le sens positif antihoraire. Pour 0≤t≤4 s0\le t\le4\,\mathrm s, le flux extérieur par spire vaut :

ΦB(t)=6 mWb+(4 mWb/s)t−(1 mWb/s2)t2.\begin{aligned}\Phi_B(t)={}&6\,\mathrm{mWb}\\&+(4\,\mathrm{mWb/s})t\\&-(1\,\mathrm{mWb/s^2})t^2.\end{aligned}

Les unités des coefficients sont importantes : chaque terme est un flux. Dérivez séparément le terme constant, le terme linéaire et le terme quadratique :

dΦBdt=4 mWb/s−(2 mWb/s2)t\frac{d\Phi_B}{dt}=4\,\mathrm{mWb/s}-(2\,\mathrm{mWb/s^2})t

Une courbe de flux monte de 6 milliwebers à zéro seconde jusqu’à 10 milliwebers à deux secondes, puis redescend à 6 milliwebers à quatre secondes. La tangente à deux secondes est horizontale.
La hauteur de la courbe est maximale à 2 s, mais sa pente y est nulle.
  • À t=1 st=1\,\mathrm s, la pente vaut +2 mWb/s+2\,\mathrm{mWb/s}. Donc E=−0,100 V\mathcal E=-0{,}100\,\mathrm V et I=−0,0200 AI=-0{,}0200\,\mathrm A : 20,0 mA20{,}0\,\mathrm{mA} dans le sens horaire.
  • À t=2 st=2\,\mathrm s, la pente est nulle, donc E=I=0\mathcal E=I=0. Pourtant, ΦB=10 mWb\Phi_B=10\,\mathrm{mWb} et B=0,010/0,020=0,50 TB=0{,}010/0{,}020=0{,}50\,\mathrm T, vers l’extérieur.
  • À t=3 st=3\,\mathrm s, la pente vaut −2 mWb/s-2\,\mathrm{mWb/s}. Donc E=+0,100 V\mathcal E=+0{,}100\,\mathrm V et I=+0,0200 AI=+0{,}0200\,\mathrm A : 20,0 mA20{,}0\,\mathrm{mA} dans le sens antihoraire.

Sur l’intervalle complet de 0 à 4 s, les flux initial et final sont égaux : la f.é.m. moyenne est donc nulle. Cela ne rend pas la f.é.m. nulle pendant tout l’intervalle. Les contributions horaires et antihoraires se compensent dans la moyenne temporelle algébrique.

6. Vérifier d’où vient l’énergie

Un courant induit chauffe une résistance avec une puissance P=I2RP=I^2R. Inverser le courant ne rend pas cet échauffement négatif. L’énergie doit venir de quelque part : de la source qui modifie le champ, d’un travail mécanique qui modifie la géométrie, ou d’une énergie stockée que le système plus large libère.

Par exemple, lorsqu’un aimant s’approche d’une boucle résistive, la réponse induite s’oppose à son approche. Maintenir son mouvement demande un apport mécanique; s’il se déplace librement, il peut perdre de l’énergie cinétique. Le signe de Lenz est compatible avec ce transfert d’énergie. Il ne crée pas une source d’énergie supplémentaire.

Choisissez le système avant d’affirmer que son énergie est conservée. La boucle seule peut recevoir de l’énergie de l’extérieur, et l’énergie mécanique seule peut diminuer pendant que l’énergie thermique augmente. Retrouvez cette démarche dans travail, énergie et quantité de mouvement : choisir la méthode.

7. Essayer six exercices progressifs

Chaque calcul de courant suppose un circuit résistif fermé, sans autre source de f.é.m., avec auto-inductance et effets capacitifs négligeables. L’aire et l’orientation sont fixes, sauf lorsqu’une rotation est indiquée. Les champs sont uniformes sur chaque spire. Essayez avant d’ouvrir l’indice ou la solution.

Question 1 : un champ qui reste présent

Une boucle simple délimite 80 cm280\,\mathrm{cm^2}. Un champ constant de 0,25 T0{,}25\,\mathrm T sort de la page. Choisissez la normale sortante. Trouvez le flux et la f.é.m. induite. Doubler ce champ constant donnerait-il nécessairement un courant induit soutenu?

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Convertissez les centimètres carrés en mètres carrés. Demandez-vous ensuite si le flux change après que le champ est devenu constant.

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Comme 1 cm2=10−4 m21\,\mathrm{cm^2}=10^{-4}\,\mathrm{m^2}, on a A=0,0080 m2A=0{,}0080\,\mathrm{m^2}. Le champ suit la normale :

ΦB=(0,25)(0,0080)=0,0020 Wb\Phi_B=(0{,}25)(0{,}0080)=0{,}0020\,\mathrm{Wb}

Le flux vaut +2,0 mWb+2{,}0\,\mathrm{mWb}, mais reste constant. Ainsi, E=0\mathcal E=0 et le courant induit est nul dans notre modèle. Pendant le passage de 0,250{,}25 à 0,50 T0{,}50\,\mathrm T, une f.é.m. peut apparaître; une fois le nouveau champ constant, il n’y a de nouveau aucun courant induit soutenu. L’intensité du champ et son taux de variation répondent à deux questions différentes.

Reprendre si vous avez utilisé le champ au lieu de sa variation

Gardez la même boucle immobile dans un champ constant de 0,90 T0{,}90\,\mathrm T parallèle à son plan. Quels sont le flux et la f.é.m. induite?

Réponse : θ=90∘\theta=90^\circ, donc ΦB=0\Phi_B=0. Ce flux reste nul, d’où E=0\mathcal E=0. Un champ non nul peut donner un flux nul, et un flux non nul peut donner une f.é.m. nulle.

Question 2 : corriger l’explication de Lenz

Vu de face, le champ extérieur entre dans une boucle fixe et diminue en intensité. Une étudiante dit : « Le courant doit s’opposer au champ entrant; son champ est donc sortant et le courant est antihoraire. » Repérez l’erreur et donnez une explication correcte.

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Quel flux diminue en intensité : entrant ou sortant? La réponse induite s’oppose à cette diminution.

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L’étudiante s’est opposée au champ plutôt qu’à sa variation. Le flux entrant diminue en valeur absolue. Le champ induit est donc entrant, tendant à le maintenir. Le pouce droit pointe à l’opposé de l’observateur de face : le courant conventionnel est horaire. Avec la normale sortante, le flux extérieur négatif se rapproche de zéro : sa pente algébrique est positive, et le signe moins de Faraday donne une f.é.m. négative, horaire.

Reprendre si le sens horaire semblait absolu

Un deuxième observateur regarde le même courant depuis l’arrière de la page. Quel sens voit-il?

Réponse : antihoraire. Le courant physique n’a pas changé de sens; c’est le point de vue qui a changé. Précisez toujours l’observateur lorsque vous répondez « horaire » ou « antihoraire ».

Question 3 : tourner la boucle, garder le champ

Une bobine de 3030 spires possède une aire de 0,012 m20{,}012\,\mathrm{m^2} par spire et une résistance totale de 3,0 Ω3{,}0\,\Omega. Le champ reste à 0,50 T0{,}50\,\mathrm T. En 0,20 s0{,}20\,\mathrm s, la bobine tourne : l’angle entre sa normale, choisie de façon continue, et le champ passe de 60∘60^\circ à 90∘90^\circ en augmentant. Trouvez les flux initial et final, la f.é.m. moyenne et le courant moyen. Pendant la rotation, observez la boucle depuis la pointe de cette normale, en regardant vers la boucle.

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Un champ d’intensité constante ne garantit pas un flux constant. Calculez BAcos⁡θBA\cos\theta aux deux extrémités de l’intervalle, puis faites final moins initial.

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Φi=(0,50)(0,012)cos⁡60∘=0,0030 Wb\Phi_i=(0{,}50)(0{,}012)\cos60^\circ=0{,}0030\,\mathrm{Wb}

Φf=(0,50)(0,012)cos⁡90∘=0\Phi_f=(0{,}50)(0{,}012)\cos90^\circ=0

E‾=−300−0,00300,20=+0,450 V\overline{\mathcal E}=-30\frac{0-0{,}0030}{0{,}20}=+0{,}450\,\mathrm V

I‾=0,4503,0=+0,150 A\overline I=\frac{0{,}450}{3{,}0}=+0{,}150\,\mathrm A

Le flux diminue lorsque l’angle indiqué augmente. La f.é.m. positive entraîne un courant antihoraire vu depuis la pointe de la normale choisie; l’observateur suit ce côté de la bobine pendant la rotation. Il s’agit de moyennes temporelles, pas nécessairement des valeurs à chaque instant : même à vitesse angulaire constante, cos⁡θ\cos\theta ne varie pas linéairement avec le temps.

Reprendre si vous avez utilisé l’angle avec le plan

L’angle initial avec le plan est 30∘30^\circ. Pouvez-vous retrouver le même flux initial sans utiliser 60∘60^\circ?

Réponse : utilisez BAsin⁡30∘=0,0030 WbBA\sin30^\circ=0{,}0030\,\mathrm{Wb}. Le cosinus de l’angle avec le plan sélectionnerait la mauvaise composante.

Question 4 : inverser la normale, garder la même physique

Une bobine fixe de 2525 spires a une résistance totale de 5,0 Ω5{,}0\,\Omega. Avec une normale sortante, le flux par spire passe linéairement de +1,0+1{,}0 à +7,0 mWb+7{,}0\,\mathrm{mWb} en 0,30 s0{,}30\,\mathrm s. Trouvez la f.é.m. et le courant vus de face. Recommencez avec la normale entrant dans la page, sans déplacer physiquement quoi que ce soit.

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Inverser la normale inverse aussi le sens positif autour de la boucle donné par la main droite. Changez les deux conventions ensemble.

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Avec la normale sortante, le sens antihoraire est positif :

E=−25(7,0−1,0)×10−30,30=−0,500 V\mathcal E=-25\frac{(7{,}0-1{,}0)\times10^{-3}}{0{,}30}=-0{,}500\,\mathrm V

I=−0,500/5,0=−0,100 AI=-0{,}500/5{,}0=-0{,}100\,\mathrm A

Le courant vaut 100 mA100\,\mathrm{mA} dans le sens horaire vu de face. Avec la normale entrante, le flux passe plutôt de −1,0-1{,}0 à −7,0 mWb-7{,}0\,\mathrm{mWb}, donnant E′=+0,500 V\mathcal E'=+0{,}500\,\mathrm V et I′=+0,100 AI'=+0{,}100\,\mathrm A. Mais le sens positif est maintenant horaire vu de face. Le même courant physique reçoit une description algébrique différente.

Reprendre si vous avez changé seulement le signe du flux

Un calcul choisit la normale entrante, mais garde le sens antihoraire vu de face comme sens positif. Peut-il utiliser E=−N dΦB/dt\mathcal E=-N\,d\Phi_B/dt sans modification?

Réponse : non. Cette forme associe normale et sens de parcours par la main droite. Rétablissez une paire cohérente avant d’interpréter le signe. Une convention de notation ne peut pas inverser un courant mesuré.

Question 5 : lire les pentes, y compris au passage par zéro

Une autre bobine de 6060 spires a une résistance totale de 8,0 Ω8{,}0\,\Omega. Avec la normale sortante, son flux par spire suit des segments de droite passant par (0 s;−3 mWb)(0\,\mathrm s;-3\,\mathrm{mWb}), (1;1)(1;1), (3;1)(3;1) et (4;−1)(4;-1), avec des secondes et des milliwebers partout. Trouvez la f.é.m. et le courant à 0,500{,}50, 2,02{,}0 et 3,5 s3{,}5\,\mathrm s, vus de face. La f.é.m. est-elle nulle lorsque le premier segment traverse le flux nul?

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Chaque instant demandé est à l’intérieur d’un segment. Calculez la pente de ce segment, pas sa hauteur.

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Pour 0<t<1 s0<t<1\,\mathrm s, la pente vaut (1−(−3))/(1−0)=+4 mWb/s(1-(-3))/(1-0)=+4\,\mathrm{mWb/s}. À 0,50 s0{,}50\,\mathrm s, on obtient donc E=−0,240 V\mathcal E=-0{,}240\,\mathrm V et I=−0,0300 AI=-0{,}0300\,\mathrm A : 30,0 mA30{,}0\,\mathrm{mA} dans le sens horaire.

Pour 1<t<3 s1<t<3\,\mathrm s, le flux reste à +1 mWb+1\,\mathrm{mWb}. À 2,0 s2{,}0\,\mathrm s, on a donc E=I=0\mathcal E=I=0.

Pour 3<t<4 s3<t<4\,\mathrm s, la pente vaut (−1−1)/(4−3)=−2 mWb/s(-1-1)/(4-3)=-2\,\mathrm{mWb/s}. À 3,5 s3{,}5\,\mathrm s, on obtient donc E=+0,120 V\mathcal E=+0{,}120\,\mathrm V et I=+0,0150 AI=+0{,}0150\,\mathrm A : 15,0 mA15{,}0\,\mathrm{mA} dans le sens antihoraire.

Le premier segment atteint un flux nul à t=0,75 st=0{,}75\,\mathrm s, puisque −3+4t=0-3+4t=0 lorsqu’on emploie les valeurs numériques en mWb et en s. Sa pente reste +4 mWb/s+4\,\mathrm{mWb/s} : la f.é.m. vaut donc encore −0,240 V-0{,}240\,\mathrm V. N’attribuez pas de f.é.m. instantanée unique aux angles t=1,3 st=1,3\,\mathrm s.

Reprendre si un flux négatif vous a fait choisir une f.é.m. positive

À t=0,25 st=0{,}25\,\mathrm s, le flux vaut −2 mWb-2\,\mathrm{mWb}. Quelle est la f.é.m.?

Réponse : −0,240 V-0{,}240\,\mathrm V. Le flux négatif remonte vers zéro : sa pente est positive. Le signe moins de Faraday rend la f.é.m. négative.

Question 6 : calcul facultatif, un point de retournement

Une bobine fixe de 4040 spires possède une aire de 0,010 m20{,}010\,\mathrm{m^2} par spire et une résistance totale de 4,0 Ω4{,}0\,\Omega. Son champ extérieur perpendiculaire donne le flux algébrique par spire suivant, avec normale sortante, pour 0≤t≤5 s0\le t\le5\,\mathrm s :

ΦB(t)=2 mWb+(6 mWb/s)t−(1 mWb/s2)t2.\begin{aligned}\Phi_B(t)={}&2\,\mathrm{mWb}\\&+(6\,\mathrm{mWb/s})t\\&-(1\,\mathrm{mWb/s^2})t^2.\end{aligned}

Trouvez la f.é.m., le courant et son sens à t=1t=1 et 4 s4\,\mathrm s, vus de face. À quel instant intérieur la f.é.m. est-elle nulle, et le champ est-il alors nul?

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Dérivez d’abord le flux. Annulez cette dérivée pour trouver l’instant où la f.é.m. est nulle. Utilisez ensuite la fonction de flux initiale, et non sa dérivée, pour trouver le champ à cet instant.

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dΦBdt=6 mWb/s−(2 mWb/s2)t\frac{d\Phi_B}{dt}=6\,\mathrm{mWb/s}-(2\,\mathrm{mWb/s^2})t

À 1 s1\,\mathrm s, la pente vaut +4 mWb/s+4\,\mathrm{mWb/s}. Ainsi, E=−40(0,004)=−0,160 V\mathcal E=-40(0{,}004)=-0{,}160\,\mathrm V, et I=−0,0400 AI=-0{,}0400\,\mathrm A : 40,0 mA40{,}0\,\mathrm{mA} dans le sens horaire.

À 4 s4\,\mathrm s, la pente vaut −2 mWb/s-2\,\mathrm{mWb/s}. Ainsi, E=+0,0800 V\mathcal E=+0{,}0800\,\mathrm V, et I=+0,0200 AI=+0{,}0200\,\mathrm A : 20,0 mA20{,}0\,\mathrm{mA} dans le sens antihoraire.

La pente s’annule à t=3 st=3\,\mathrm s. Le flux vaut alors (2+18−9) mWb=11 mWb(2+18-9)\,\mathrm{mWb}=11\,\mathrm{mWb}. Le champ étant perpendiculaire et uniforme, B=0,011/0,010=1,1 TB=0{,}011/0{,}010=1{,}1\,\mathrm T, vers l’extérieur. Le champ est non nul alors que son taux de variation instantané, donc la f.é.m., est nul.

Reprendre si vous avez substitué directement le flux dans Faraday

À 2 s2\,\mathrm s, le flux vaut 10 mWb10\,\mathrm{mWb}. Trouvez la f.é.m. et le courant.

Réponse : la pente vaut +2 mWb/s+2\,\mathrm{mWb/s}, d’où E=−0,0800 V\mathcal E=-0{,}0800\,\mathrm V et I=−0,0200 AI=-0{,}0200\,\mathrm A, dans le sens horaire. Multiplier 4040 par le flux lui-même donne un flux total couplé, pas des volts. L’opération manquante est la dérivation par rapport au temps.

8. Garder une démarche en cinq lignes

  1. Nommez l’observateur, choisissez la normale et associez-lui le sens positif du parcours.
  2. Repérez ce qui change : champ, aire, angle ou plusieurs de ces grandeurs.
  3. Calculez le flux par spire en précisant l’angle avec la normale et les unités.
  4. Prenez la pente appropriée, multipliez par −N-N, puis utilisez I=E/RI=\mathcal E/R seulement si ses hypothèses sont valides.
  5. Traduisez le signe en sens physique et vérifiez avec la loi de Lenz.

Pour poursuivre avec les circuits, travaillez les flèches de courant et les signes dans les circuits. Pour revenir à votre guide de cours, choisissez Dawson 203-SN2-RE, Concordia PHYS 205 ou McGill PHYS 102.

Pour travailler ensemble un schéma ou un signe difficile, consultez le tutorat en électricité et magnétisme.

Dans quelle langue les séances de tutorat se déroulent-elles?

Cette leçon est disponible en français et en anglais. Les séances de tutorat se déroulent actuellement en anglais.

Références et liens avec les cours

Vérification : 19 octobre 2026. Les sources ci-dessous appuient les principes physiques et les liens thématiques avec les cours.

Quelles parties correspondent à mon cours?

Le raisonnement sur les sens et l’énergie rejoint les attentes F2.7 et F3.4–F3.5 de SPH3U dans le programme de sciences de l’Ontario, page imprimée 193 (document en anglais). Cela ne rend pas les calculs de flux ou le prolongement avec dérivées obligatoires pour tous les élèves de 11e année. Les descriptions collégiale et universitaires ci-dessus confirment la présence du thème de l’induction; le plan de votre section détermine la profondeur requise. Il s’agit d’exercices ciblés, pas d’un cours complet ni d’un guide d’évaluation officiel.

Utile pour

Exercices d’induction liés à 203-SN2-RE à Dawson, PHYS 205 à Concordia et PHYS 102 à McGill. Le raisonnement initial sur les sens est aussi utile pour SPH3U en Ontario. Le plan de votre section détermine la profondeur; le prolongement avec dérivées est facultatif.

Travaillez l’étape qui vous manque.

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