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Sommes finies et récurrence : démontrer le cas suivant

Distinguez un terme d’une somme partielle, démontrez une formule de somme d’une progression géométrique et repérez un raisonnement circulaire. Trois exercices originaux mènent du calcul guidé à une preuve avec un indice initial différent.

Nablio · 16 minPublié le

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Pour les notions du cours et l’aide individuelle, consultez le tutorat MATH 202 à Concordia.

Une régularité peut suggérer une formule. Une démonstration explique pourquoi elle continue de fonctionner. Dans cette leçon, vous relierez une somme finie à son terme suivant, puis utiliserez ce lien pour établir un énoncé pour tous les entiers admissibles.

Avant de commencer, assurez-vous de pouvoir substituer dans une formule, développer un produit et appliquer les règles des puissances. Aucun calcul différentiel n’est nécessaire. Les exemples et exercices sont originaux; ils accompagnent les progressions et la récurrence qui peuvent figurer dans MATH 202 à Concordia, sans couvrir tout le cours.

Utilisez votre plan de cours pour choisir les notions de progressions et de récurrence à travailler.

1. Distinguer le terme de la somme

Une suite est une liste ordonnée de termes. Ici, aja_j désigne le terme de rang jj, où jj est un entier strictement positif. Pour un entier n≥1n\ge1, la somme partielle Sn=∑j=1najS_n=\sum_{j=1}^{n}a_j additionne les nn premiers termes; le symbole ∑\sum indique une addition et l’indice jj parcourt les entiers de 1 à nn. Un terme et une somme partielle ont généralement des valeurs différentes.

Exemple expliqué

Une progression arithmétique ajoute le même réel dd, appelé raison, à chaque étape. Si son premier terme est aa, alors aj=a+(j−1)da_j=a+(j-1)d : atteindre le rang jj demande j−1j-1 étapes. Avec a=6a=6 et d=3d=3, les premiers termes sont 6,9,12,156,9,12,15. Ainsi, a4=15a_4=15, tandis que S4=6+9+12+15=42S_4=6+9+12+15=42.

Pour établir une formule de somme, écrivez les mêmes nn termes dans l’ordre croissant des indices, puis dans l’ordre inverse. Additionnez les deux lignes position par position. Chaque position donne a+ana+a_n, et il y a nn positions : 2Sn=n(a+an).2S_n=n(a+a_n). On obtient le double de la somme, même si nn est impair; le terme central figure alors une fois dans chaque ligne.

Remplacez ana_n par a+(n−1)da+(n-1)d, puis divisez par 2 : Sn=n2(2a+(n−1)d).S_n=\frac{n}{2}\bigl(2a+(n-1)d\bigr). Pour l’exemple à quatre termes, S4=42(12+9)=42S_4=\frac42(12+9)=42. Cette formule donne une somme; elle ne remplace pas la formule distincte du terme ana_n.

Pour toute suite, arithmétique ou non, l’ajout du terme suivant donne Sk+1=Sk+ak+1.S_{k+1}=S_k+a_{k+1}. Cette identité vient de la définition d’une somme partielle. Elle servira de point de départ à l’étape de récurrence.

À éviter. Ajouter aka_k comme nouveau terme. Il appartient déjà à SkS_k; le terme ajouté porte l’indice k+1k+1.

À vous d’essayer

Exercice guidé : soit aj=7−2(j−1)a_j=7-2(j-1) pour tout entier j≥1j\ge1, et soit Sn=∑j=1najS_n=\sum_{j=1}^{n}a_j. Calculez a5a_5 et S5S_5. Vérifiez la somme en regroupant le premier terme avec le dernier, puis le deuxième avec le quatrième. Écrivez ensuite le terme ajouté pour passer de SkS_k à Sk+1S_{k+1}.

Voir la réponse et le raisonnement
  1. Calculer séparément le terme et la somme

    La raison est −2-2, donc les cinq premiers termes sont 7,5,3,1,−17,5,3,1,-1. En particulier, a5=−1a_5=-1. Les paires donnent 7+(−1)=67+(-1)=6 et 5+1=65+1=6, et il reste le terme central 3. Ainsi, S5=6+6+3=15S_5=6+6+3=15.

    La formule de somme le confirme : S5=52(7+(−1))=15S_5=\frac52(7+(-1))=15. Un dernier terme négatif ne rend pas nécessairement la somme négative.

  2. Ajouter le bon terme

    En substituant j=k+1j=k+1, on obtient ak+1=7−2ka_{k+1}=7-2k. Donc Sk+1=Sk+(7−2k)S_{k+1}=S_k+(7-2k). L’expression 7−2(k−1)7-2(k-1) représenterait l’ancien dernier terme aka_k.

2. Démontrer le passage d’un cas au suivant

Notons P(n)P(n) un énoncé défini pour les entiers n≥1n\ge1. Une démonstration par récurrence comporte deux éléments : vérifier P(1)P(1), puis montrer que P(k)P(k) implique P(k+1)P(k+1) pour un entier arbitraire k≥1k\ge1. Dans cette deuxième partie, on peut supposer P(k)P(k), car on démontre une implication conditionnelle. Supposer P(k+1)P(k+1) reviendrait à supposer le résultat qu’il reste à établir.

Exemple expliqué

Une progression géométrique multiplie par un même nombre, la raison, à chaque étape. Considérons Gn=∑j=1n3⋅2j−1G_n=\sum_{j=1}^{n}3\cdot2^{j-1}, dont les termes sont 3,6,12,…3,6,12,\ldots. Démontrons P(n):Gn=3(2n−1)P(n):G_n=3(2^n-1) pour tout entier n≥1n\ge1. Ici, nn compte les termes; l’exposant du dernier terme est n−1n-1.

Cas initial : G1=3G_1=3 et 3(21−1)=33(2^1-1)=3, donc P(1)P(1) est vrai. Pour l’étape de récurrence, choisissons un entier arbitraire k≥1k\ge1 et supposons Gk=3(2k−1)G_k=3(2^k-1). L’objectif est Gk+1=3(2k+1−1)G_{k+1}=3(2^{k+1}-1); écrire cet objectif n’en fait pas une égalité déjà établie.

Partons de la somme définie dans l’énoncé. Son nouveau terme est 3⋅2k3\cdot2^k. Seule la deuxième ligne ci-dessous utilise l’hypothèse de récurrence : Gk+1=Gk+3⋅2k=3(2k−1)+3⋅2k=3(2⋅2k−1)=3(2k+1−1).\begin{aligned}G_{k+1}&=G_k+3\cdot2^k\\&=3(2^k-1)+3\cdot2^k\\&=3(2\cdot2^k-1)\\&=3(2^{k+1}-1).\end{aligned} La dernière égalité utilise 2⋅2k=2k+12\cdot2^k=2^{k+1}.

Nous avons établi l’objectif à partir de l’hypothèse, pour un entier admissible kk arbitraire. À partir du cas 1 vérifié, la même implication donne le cas 2, puis le cas 3 et tous les cas entiers suivants. Voilà pourquoi la preuve dépasse quelques vérifications numériques.

À éviter. Utiliser d’emblée la formule proposée pour Gk+1G_{k+1} comme une égalité établie. Partez de la somme ou d’un fait déjà connu, puis atteignez l’objectif.

À vous d’essayer

Repérez et corrigez la lacune : pour tout entier n≥1n\ge1, soit Tn=∑j=1n5⋅3j−1T_n=\sum_{j=1}^{n}5\cdot3^{j-1}. Une personne veut démontrer Tn=52(3n−1)T_n=\frac52(3^n-1). Après un cas initial correct, elle écrit seulement « Tk+1=52(3k+1−1)T_{k+1}=\frac52(3^{k+1}-1), ce qui est le résultat voulu. » Expliquez pourquoi cela ne suffit pas, puis rédigez une étape de récurrence valide et sa conclusion.

Voir la réponse et le raisonnement
  1. Préciser ce qui reste à démontrer

    Le cas suivant est énoncé sans être démontré. L’hypothèse de récurrence autorise Tk=52(3k−1)T_k=\frac52(3^k-1), pas la formule de Tk+1T_{k+1}. Le cas initial est bien correct : T1=5=52(3−1)T_1=5=\frac52(3-1).

  2. Partir de la définition de la somme

    Pour un entier arbitraire k≥1k\ge1, supposons la formule vraie au rang kk. Le nouveau terme vaut 5⋅3k5\cdot3^k, donc Tk+1=Tk+5⋅3k=52(3k−1)+1023k=52(3⋅3k−1)=52(3k+1−1).\begin{aligned}T_{k+1}&=T_k+5\cdot3^k\\&=\frac52(3^k-1)+\frac{10}{2}3^k\\&=\frac52(3\cdot3^k-1)\\&=\frac52(3^{k+1}-1).\end{aligned} Le cas suivant découle maintenant de l’hypothèse. Avec le cas initial, cela démontre la formule pour tout entier n≥1n\ge1.

3. Choisir l’indice initial et vérifier la constante

Une preuve doit commencer au premier indice visé par l’énoncé. Une somme allant de j=2j=2 à j=nj=n contient n−1n-1 termes lorsque n≥2n\ge2. Le premier cas d’un énoncé valable pour n≥2n\ge2 est donc n=2n=2. Plus généralement, soit n0n_0 le premier entier admissible. Un cas initial vérifié P(n0)P(n_0) et une implication valable pour tout entier k≥n0k\ge n_0 établissent P(n)P(n) pour tout entier n≥n0n\ge n_0.

Exemple expliqué

Pourquoi l’étape de récurrence ne remplace-t-elle pas le cas initial? Revenons à Gn=∑j=1n3⋅2j−1G_n=\sum_{j=1}^{n}3\cdot2^{j-1}. Une personne propose la formule erronée Hn=3⋅2nH_n=3\cdot2^n. Elle produit pourtant le bon accroissement : Hk+1−Hk=3⋅2k.H_{k+1}-H_k=3\cdot2^k. Mais H1=6H_1=6, tandis que G1=3G_1=3.

Les valeurs proposées dépassent toujours les sommes réelles de 3 : Hn−Gn=3H_n-G_n=3. Des différences successives identiques ne déterminent une suite qu’une fois sa valeur initiale fixée. Vérifier le cas initial révèle immédiatement cette erreur de constante.

Pour une nouvelle preuve par récurrence, écrivez trois éléments avant l’algèbre : le premier indice admissible, l’hypothèse exacte au rang kk et l’objectif au rang k+1k+1. Déduisez ensuite la variation de la somme à partir de ses bornes. Ces choix comptent davantage que la mémorisation d’une preuve type.

À éviter. Commencer à n=1n=1 par habitude, ou considérer nn comme le nombre de termes lorsque l’indice inférieur de la somme n’est pas 1.

À vous d’essayer

Preuve autonome : pour tout entier n≥2n\ge2, définissons Un=∑j=2n(2j+1)U_n=\sum_{j=2}^{n}(2j+1). Démontrez que Un=n(n+2)−3U_n=n(n+2)-3. Précisez le cas initial, l’hypothèse de récurrence et le nouveau terme. Vérifiez séparément le cas n=4n=4 par addition directe.

Voir la réponse et le raisonnement
  1. Commencer au premier indice admissible

    Pour n=2n=2, il n’y a qu’un terme : U2=2(2)+1=5U_2=2(2)+1=5. La formule proposée donne 2(2+2)−3=52(2+2)-3=5. Le bon cas initial est donc vérifié.

  2. Démontrer le cas suivant

    Choisissons un entier arbitraire k≥2k\ge2 et supposons Uk=k(k+2)−3U_k=k(k+2)-3. Le terme ajouté porte l’indice k+1k+1, donc il vaut 2(k+1)+1=2k+32(k+1)+1=2k+3. Ainsi, Uk+1=Uk+(2k+3)=k(k+2)−3+2k+3=k2+4k=(k+1)(k+3)−3.\begin{gathered}U_{k+1}=U_k+(2k+3)\\=k(k+2)-3+2k+3\\=k^2+4k\\=(k+1)(k+3)-3.\end{gathered} Comme k+3=(k+1)+2k+3=(k+1)+2, la dernière expression est exactement la formule proposée au rang k+1k+1. Le cas initial et l’étape de récurrence démontrent l’identité pour tout entier n≥2n\ge2.

  3. Vérifier le sens des bornes

    Pour n=4n=4, les trois termes sont 5,7,95,7,9, donc U4=21U_4=21. La formule donne 4(4+2)−3=214(4+2)-3=21. Cette vérification confirme le calcul et le nombre de termes; la preuve par récurrence établit l’énoncé pour tous les indices admissibles.

Votre prochaine séance de révision

  • Si le calcul a échoué, revoyez la substitution ou la factorisation. Si l’algèbre fonctionnait mais que la preuve semblait circulaire, marquez exactement où vous avez utilisé l’hypothèse et expliquez pourquoi cet usage est permis.
  • Reprenez l’exercice à indice initial décalé sans sa solution. Demandez-vous ensuite ce qui change dans le cas initial, le nombre de termes et le nouveau terme si l’indice inférieur de sommation change.
  • En séance de tutorat, nous pouvons choisir le cas initial, formuler l’hypothèse de récurrence et démontrer ensemble le cas suivant, ou revoir une preuve que vous avez déjà essayée. Votre plan actuel de MATH 202 peut nous aider à choisir les notions à travailler. Le dénombrement, les inégalités, les polynômes et les nombres complexes demandent une pratique distincte lorsqu’ils figurent au plan de votre section.

Pour cette notion, essayez la leçon sur les nombres complexes : angles, puissances et racines.

Contexte officiel du cours

Description du cours MATH 202 à Concordia :

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